CORA.SM1N
Tih ! que prétendez- vous dans cette horreur extrême? Quel est votre dessein ?
OROSMANE
N'entends-tu pas des cris?
CORASMIN
Seigneur...
OROSMANE
Un bruit affreux a frappé mes esprits.
On vient.
CORASMIN
Non, jusqu'ici nul mortel ne s'avance ; ■Le sérail est plongé dans un profond silence ; /Tout dort, tout est tranquille, et l'ombre de la nuit...
OROSMANE
Hélas ! le crime veille, et son horreur me suit. A ce coupable excès porter sa hardiesse ! Tu ne connaissais pas mon cœur et ma tendresse ! Combien je t'adorais ! quels feux ! Ah ! Corasmin ! Un seul de ses regards aurait fait mon destin ; Je ne puis être heureux ni souffrir que par elle. Prends pitié de ma rage. Oui, cours... Ah ! la cruelle !
CORASMIN
E^t-ce VOU3 qui pleurez? vous, Orosmane? ô cieux !
OROSMANE
Voilà les premiers pleurs qui coulent de mes^yeiM*;^ Tu vois mon sort, tu vois la honte où je me livre : Mais ces pleurs sont cruels, et la mort va les suivre; Plains Zaïre, plains-moi ; l'heure approche ; ces pleurs Du sang qui va couler sont les avant-coureurs.
CORASMIN
Ah ! je tremble pour vous.
OROSMANE
Frémis de mes souffrances.
Frémis de mon amour, frém>s de mes vengeances.