‹ Théâtre choisiChapitre 106 sur 178 · SCÈNE XI : GÉRONTE, MERLIN · texte numérisé non relu

SCÈNE XI : GÉRONTE, MERLIN

MERLIN

Ah ! le voici. Tenons-nous un peu à l'écart, et songeons abord aux moyens de l'empêcher d'entrer chez lui.

GÉRONTE, à lui-même.

Enfin, après bien des travaux et des dangers, voilà, grâce i ciel, mon voyage heureusement terminé ; je retrouve ma ère maison, et je crois que mon fils sera bien sensible au aisir de me revoir en bonne santé.

MERLIN, à part.

Nous le serions bien davantage à celui de te savoir encore en loin d'ici.

GÉRONTE

Les enfants ont bien de l'obligation aux pères qui se donnent Qt de peine pour leur laisser du bien.

MERLIN, à part.

Oui ; mais ils n'en ont guère à ceux qui reviennent si mal à propos.

GÊRONTE

Je ne veux pas difiérer davantage à rentrer chez moi, et à donner à mon fils le plaisir que lui doit causer mon retour : je crois que le pauvre garçon mourra de joie en me voyant.

MERLIN, à pari.

Je le tiens déjà plus que demi-mort. Mais il faut l'aborder. (Haut.) Que vois- je? juste ciel ! suis- je bien éveillé? est-ce un spectre?

GÉRONTE

Je crois, si je ne me trompe, que voilà Merlin.

MERLIN

Mais vraiment, c'est monsieur Géronte lui-même, ou c'est le diable sous sa figure. Sérieusement parlant, serait-ce vous, mon cher maître?

GÊRONTE

Oui, c'est moi, Merlin. Comment te portes-tu?

MERLIN

Vous voyez, monsieur, fort à votre service, comme un serviteur fidèle, gai, gaillard, et toujours prêt à vous obéir.

GÉRONTE

Voilà qui est bien. Entrons au logis.

(7/ va pour entrer chez lui.)

MERLIN, Varrêtant.

Nous ne vous attendions point, je vous assure ; et vous êtes tombé des nues pour nous, en vérité.

GÉRONTE

Non ; je suis venu par le carrosse de Bordeaux, où mon vaisseau est heureusement abordé depuis quelques jours*,. Mais nous serons aussi bien...

(7/ va pour entrer chez lui.)

MERLIN, Varrêtant.

Que vous vous portez bien ! Quel visage ! quel embonpoint ! Il faut que l'air du pays d'où vous venez soit merveilleux pour

Page 1