SCÈNE XII : M. ANDRÉ, GÉRONTE, MERLIN
M, ANDRÉ
Bonjour, monsieur Merlin.
MERLIN
Votre valet, monsieur André, votre valçt. {A p^rt.) Voilà un
coquin d'usurier qui prend bien son temps pour venir demander de l'argent.
M. ANDRÉ
Savez-vous bien, monsieur Merlin, que je suis las de venir tous les jours sans trouver votre maître, et que, s'il ne me paye aujourd'hui, je le ferai coôrer demain, aûn que vous le sachiez.
MERLIN, bas.
Nous voilà gâtés.
GÉRONTE, à Merlin.
Quelle affaire avez-vous donc?
MERLIN, bas à Gérante.
Je vous l'exphquerai tantôt : ne vous mettez pas en peine.
M. ANDRÉ, à Gérante.
Une affaire de deux mille écus qui me sont dus par son maître, dont j'ai le billet, et, en vertu d'icelui, une bonne sentence par corps, que je vais faire mettre à exécution.
GÉRONTE
Qu'est-ce que cela veut dire, Merlin?
MERLIN
C'est un maraud qui le ferait comme il le dit.
GÉRONTE, à M. André.
Clitandre vous doit deux mille écus?
M. ANDRÉ, à Gérante.
Oui, justement, Clitandre, un enfant de famille, dont le père est allé je ne sais où, et qui sera bien surpris, à son retour, quand il apprendra la vie que son fils mène pendant son absence.
MERLIN, à part.
Cela va mal.
M. ANDRÉ
Autant que le fils est joueur, dépensier et prodigue, autant le père, à ce qu'on dit, est un vilain, un ladre, un fesse-mathieu.
GÉRONTE
Que voulez-vous dire avec votre ladre et votre fesse-mathieu.
M. ANDRÉ
Ce n'est pas de vous dont je veux parler ; c'est du père de Clitandre ; qui est un sot, un imbécile.