NOTICE
Vintrigue qui fait le fond de la pièce est celle de TÉcole des 'emmes, du Médecin malgré lui, de l'Amour peintre ou de Amour médecin. Elle est empruntée au théâtre latin, et a été éprise bien des fois, en particulier par Beaumarchais, dans le •arbier de Séville.
Regnard semble avoir puisé plus directement dans une pièce alienne, la Finta Piazza {la Folle supposée) . // a rajeuni le sujet u moyen d'une intrigue, peu vraisemblable à la vérité, mais bien harpentée, alerte, mouvementée et remplie d'une extrême gaieté. Alert, pour mieux garder A gathe, sa pnpill», qu'il veut épouser, prend '■ parti de faire griller son château. Il est confirmé dans son dessein ar l'arrivée de deux inconnus qui l'inquiètent, sans qu'il sache, ^pendant, que l'un est Eraste, amant d'Agathe, et Vautre, Crispin, ilet d' Eraste. Agathe est mise au courant de tout par sa suivante, isette. Elle se fait passer pour folle : elle feint d'être mélomane our glisser à Eraste un billet doux, puis de se croire une vieille laideuse pour arracher de l'argent à Albert, qui craint d'irriter I folie. Crispin prétend pouvoir la guérir magiquement en faisant asser son délire dans un autre sujet. Eraste se propose, et, tandis ■l'Agathe paraît reprendre son bon sens, il simule à son tour la >lie furieuse et met en fuite Albert, qui va chercher un calmant, 'endant ce temps, les amants se sauvent. La pièce était précédée un prologue et suivie d'un divertissement intitulé le Mariage de i folie, tous deux en vers libres.
Sainte-Beuve écrit à propos des Folies amoureuses : « Cette
charmante pièce, restée si jeune au théâtre, est d'une verve continuelle et toujours recommençante. Cette Lisette, ce Crispin nous enlèvent par leur feu roulant d'esprit sans effort ; ils ont coup sur coup des poussées de veine. Agathe, dans ses déguisements, est le plus ravissant lutin. Cette pièce est celle où Regnard a le plus développé peut-être sa qualité dominante : Pimagination dans la gaieté. i«