‹ Théâtre choisiChapitre 25 sur 178 · ACTE II — 4n · texte numérisé non relu

ACTE II — 4n

NÉRINE

Madame n'aime pas les maris en peinture.

LA COMTESSE

Cela racquitte-t-il ' d'une perte aussi dure?

NÉRINE

C'est irriter le mal, au lieu de l'adoucir.

ANGÉLIQUE

Connaisseuse en maris, vous deviez mieux choisir. Vous unir à Valère !

LA COMTESSE

Oui, ma sœur, à lui-même.

ANGÉLIQUE

Mais vous n'y pensez pas. Croyez-vous qu'il vous aime.'

LA COMTESSE

S'il m'aime, lui ! s'il m'aime ! Ah ! quel aveuglement 1 On a certains attraits, un certain enjoûment. Que personne ne peut me disputer, je pense.

ANGÉLIQUE

Après un si long temps de pleine jouissance. Vos attraits sont à vous sans contestatioiu

LA COMTESSE

Et je puis en user à ma discrétion.

Sans doute. Et je vois bien qu'il n'est pas impossible Que Valère pour vous ait eu le cœur sensible. L'or est d'un grand secours pour acheter un cœur ; Ce métal, en amour, est un grand séducteur.

LA COMTESSE

En vain vous m'insultez avec un tel langage ;

La modération fut toujours mon partage :

Mais ce n'est point par l'or que brillent mes attraits ;

Et jamais, en aimant, je ne fis de faux frais.

Mes sentiments, ma sœur, sont différents des vôtres ;

Si je connais l'amour, ce n'est que dans les autres.

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