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I. Serrer Un : rabattre les prétentions

LA COMTESSE

Non, non, je ne veux pas Vous exposer sans cesse à de nouveaux combats.

LE MARQUIS

Est-ce ce financier de noblesse mineure.

Qui s'est fait depuis peu gentilhomme en une heure ;

Qui bâtit un palais sur lequel on a mis,

ï3ans un grand marbre noir, en or : l'Hôtel Damis ;

Lui qui voyait jadis imprimé sur sa porte :

Bureau du pied-fourché, chair salée et chair morte * ;

Qui dans mille portraits expose ses aïeux.

Son père, son grand-père, et les place en tous lieux.

En sa maison de ville, en celle de campagne,

Les fait venir tout droit des comtes de Champagne,

Et de ceux de Poitou, d'autant que, pour certain.

L'un s'appelait Champagne et l'autre Poitevin*?

LA COMTESSE

A vos transports jaloux un autre se dérobe.

LE MARQUIS

C'est donc ce sénateur, cet Adonis de robe, Ce docteur en soupers, qui se tait au palais, Et sait sur des ragoûts prononcer des arrêts ; Qui juge sans appel, sur un vin de Champagne, S'il est de Reims, du Clos ou bien de la Montagne ; Qui, de livres de droit toujours débarrassé. Porte cuisine en poche et poivre concassé.

LA COMTESSE

Non, marquis, c'est Dorante ; et j'ai su m'en défaire.

LE MARQUIS

Quoi ! Dorante ! cet homme à maintien débonnaire. Ce croquant, qu'à l'instant je viens de voir sortir?

LA COMTESSE

C'est lui-même.

LE MARQUIS

Eh ! parbleu ! vous deviez m'avertir ; Nous nous serions parlé sans sortir de la salle. Je ne suis pas méchant : mais, sans bruit, sans scandale.

i^ C'est-à-dire lui qui jadis était percepteur des droits sur la viande de boucherie. 2. Champagne et Poitevin sont des noms de laquais.

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