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SCÈNE I

ORANTÉE, seul, l’épée à la main à la porte de Laure.

Beau ciel de mon soleil, maison si désirée,

Rue où ma liberté s’est si bien égarée.

Belle porte de Laure, où cet astre d’amour,

T’ouvrant ou te fermant, ôte ou donne le jour; Fenêtre désormais à mes yeux défendue,

Pourquoi, chétif, pourquoi vous ai-je jamais vue?

Et vous, jeunes tyrans des libertés des cœurs.

Beaux yeux, de ma franchise agréables vainqueurs. Beaux meurtriers, qui, muets, avez tant d’éloquence. Hélas! combien déjà me dure votre absence I Pourquoi par vos regards m’avez-vous tant de fois Confirmé faussement le rapport de sa voix ?

J’ai bien, en vous croyant, joint la honte à l’injure; J’ai reçu deux meurtriers pour témoins d’un parjure ; Aux soins de deux voleurs mon esprit s’est remis ;

J’ai pris pour conseillers mes mortels ennemis.

(Il s’assied sur le seuil de la porte.)

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