‹ Théâtre choisiChapitre 131 sur 375 · LYDIE, ÉRASTE · texte numérisé non relu

LYDIE, ÉRASTE

LYDIE, à part.

Pauvre Éroxène, hélas 1 quelle âme impitoyable Ne serait pas sensible à ta peine incroyable ?

(A Éraste.)

Je vous cherchais, Eraste.

ÉRASTE

Et j’étais en souci En quel lieu je pourrais te rencontrer aussi,

Toi qui, brillant rayon du soleil qui m’éclaire, Toi qui de notre amour fidèle secrétaire.

Toi qui, l’appui...

LYDIE

Tout beau, je ne me puis flatter De vaines qualités que vous m’allez ôter.

ÉRASTE

Ne m’apportes-tu pas une heureuse nouvelle ?

LYDIE

Très mauvaise, au contraire, et pour vous et pour elle, Et pour qui comme moi prend part en vos ennuis.

ÉRASTE

Quelle encor?

Éroxène...

LYDIE

ÉRASTE

Achève.

LYDIE

Je ne puis.

ÉRASTE

Te taire est un surcroît à ma mélancolie. Parle donc: Éroxène...

LYDIE

Est promise à Lélie.

LA SŒUR

ÉRASTE

Ah ! quel coup plus mortel pouvais-je recevoir?

LYDIE

Ce n’est pas tout.

ÉRASTE

Quoi donc?

Ils épousent ce soir :

Ainsi les courts moments qui restent à votre aide, Vous privant de conseil, vous privent de remède.

ÉRASTE

O fatale nouvelle, et funeste à mes vœux !

Je n’en redoutais qu’une, et tu m’en apprends deux.

LYDIE

Une troisième suit.

ÉRASTE

Poursuis donc et m’achève ;

C’est trop longtemps languir: je ne veux plus de trêve, Et de tous ses efforts ma constance est à bout.

LYDIE

Pour chercher du remède, il vous faut dire tout :

Son oncle, se doutant de notre contidence,

M’a fait aujourd'hui même une expresse défense De plus sortir, vous voir, ni vous parler jamais.

ÉRASTE

Que le ciel sur mon chef éclate désormais !

Quelque ardent et mortel que son foudre puisse être. Un fruit de ma ruine est qu’il ne peut l’accroître.

LYDIE

Puisqu’il vous faut tout dire, et d’un cœur confident. Vous avez à combattre un quatrième accident.

Après qu’à tant d’ennuis ma mort est impossible, Frappe, accable, poursuis : je ne suis plus sensible.

LYDIE

Vous avez d’Éroxène excité le courroux.

D’Éroxène, Lydie!

ÉRASTE

LYDIE

Elle se plaint de vous.

ÉRASTE

C’est à ce dernier coup qu’il faut que je succombe. Que le nuage crève, et que le foudre tombe.

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