ACTE III, SCÈNE I
Et pour qui toutefois, malgré son changement, Notre sexe imbécile a tant d’attachement !
Fais maintenant état des devoirs de ces traîtres.
Si peu nos serviteurs, et si longtemps nos maîtres, Et dont ou l’inconstance ou la possession Du jour au lendemain éteint l’atfection.
Si larges en serments, si riches en promesses.
Qui par tant d’artifice excitent nos tendresses,
Qui mourants, languissants, et si près de leur fin. Ressuscitent le soir de la mort du matin.
Porter le coup mortel dans le sein d’Eroxène Est travailler, dit-il, pour la tirer de peine !
Que feras-tu, chétive ? et, pour tant de douleurs. Deux yeux te pourront-ils fournir assez de pleurs ? Jamais, jamais du sort les plus sanglants outrages N’ont produit de sanglots, de désespoirs, de rages. De troubles, de transports ni de forcénements Sensibles à l’égal de tes ressentiments !
T’imite qui voudra ! ton mal me rendra sage : J’éviterai l’écueil où j’ai vu le naufrage ;
Tous les charmes d’amour auront beau me tenter. Et qui m’attrapera s’en pourra bien vanter.