GÉRONTE, ANSELME, HORACE
Le voilà.
ANSELME
GÉRONTE
Grâce au ciel, à mes souhaits prospère, Ayant passé chez moi j’ai rencontré mon frère.
Qui, me sollicitant d’accepter son logis.
M’oblige à revenir pour reprendre mon fils.
J’en usais librement; excusez, je vous prie.
ANSELME
Géronte, un mot, de grâce : apprend-on en Turquie Ou dans le cabaret à jouer ses amis?
En l’un ni l’autre lieu je ne l’ai point appris;
Ce n’est point mon humeur.
ANSELME
Non : ma fille servante.
Un voyage en Turquie, et ma femme vivante!
Tout ce conte à plaisir est une vérité?
GÉRONTE
Je ne fais point de conte, et n’ai rien inventé.
LA SŒUR
ANSELME
Vous avez, dites-vous, vu Constance en Turquie. Vous osez soutenir qu’ Aurélie est Sophie ;
Vous parlez de Venise, et vous avez le front.
N’ayant qu’été par mer de Noie en Négrepont,
De dire...
GÉRONÏE.
En Négrepont ! ô dieux, la vaine fable !
ANSELME
Votre fils, qui l’a dit, n’est donc pas véritable?
Quoi ! sans savoir la langue il peut vous l’avoir dit?
ANSELME
Il nous a parlé turc, que mon valet apprit Séjournant sur les lieux pour racheter ma femme.
GERONTE, à Horace.
Soler?
Man.
HORACE
ANSELME
Et bien plus, chose à votre âge infâme. Que vous avez tantôt trouvé le vin si bon Que vous n’en avez pas oublié la raison.
Mais, en la faisant trop, l’aviez bien égarée :
Vos discours m’en étaient une marque assurée.
GÉRONTE, à Horace.
Dieux! qu’entends-je?
Jenisalas, adhuc moluc acoceras maristo, viscehi, Huvi havete carbulach.
HORACE
Eracercheter biradam suledi, ben belmen, ne sulodii.
GÉRONTE, à Anselme.
Croyez que votre serviteur Doit être un maître fourbe, un insigne affronteur.
ANSELME
Que vous dit-il encor?
GÉRONTE
Qu’il n’a pu rien comprendre A ce qu’un de vos gens lui voulait faire entendre.
ANSELME
M’aurait-il attrapé? le trait serait subtil!
Mais, s’il ne l’entendait, que lui répondait-il?
GÉRONTE, à Horace.
Acciam sembilir bel mes, mie sulmes ?