CONSTANCE, AURÉLIE, LYDIE
CONSTANCE
O ciel! comment répondre à des faveurs si grandes? Tes libéralités excèdent mes demandes :
Par les événements tu surpasses mes vœux ;
Je cherchais une fille, et j’en recouvre deux !
Comme sans jalousie, aussi sans préférence.
Le sang m’a produit l’une, et l’autre Talliance.
AURÉLIE
Je me trouve moi-même èt m’égare à la fois Dans l’excès du plaisir qui m’interdit la voix.
Quel miracle inouï, rendant nos vœux sans crime.
Me fait de votre fils femme et sœur légitime,
Et, d’un événement heureusement confus,
Demeurer votre fille après ne l’être plus?
Chère Lydie, hélas! comment te rendre grâce?
LYDIE
Je me satisfais trop de tout ce qui se passe.
Pouvons-nous, ni comblant, ni passant tes souhaits, Te donner rien d’égal au bien que tu nous fais ?
Mais nous différons trop d’aller voir Aurélie.
LYDIE
Je vous attends ici; car, d’entrer chez Orgie,
Je n’espérerais pas que l’on m’y reçût bien :
Il y fait chaud pour moi, le boi^ n’y coûte rien.
Mais vous n’irez pas loin rechercher cette joie :
Le voici : je me cache, et crains qu’il ne me voie.