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ACTE V, SCÈNE VI

PLANCIEN.

J’ai joint à la douceur, aux offres, aux prières,

A si peu que les dieux m’ont donné de lumières, (Voyant que je tentais d’inutiles efforts)

Tout l’art dont la rigueur peut tourmenter les corps : Mais ni les chevalets, ni les larnes flambantes.

Ni les ongles de fer, ni les torches ardentes.

N’ont contre ce rocher été qu’un doux zéphyr Et n’ont pu de son sein arracher un soupir.

Sa force en ce tourment a paru plus qu’humaine ;

Nous souffrions plus que lui par l’horreur de sa peine; Et, nos cœurs détestant ses sentiments chrétiens.

Nos yeux ont malgré nous fait Foffîce des siens ; Voyant la force enfin, comme l’adresse, vaine.

J’ai mis la tragédie à sa dernière scène.

Et fait, avec sa tête, ensemble séparer Le cher nom de son Dieu qu'il voulait proférer.

DIOCLÉTIEN

Ainsi reçoive un prompt et sévère supplice Quiconque ose des dieux irriter la justice I

(Il sort.)

VALÉRIE, à Marcelle.

Vous voyez de quel soin je vous prêtais les mains;

Mais sa grâce nœst plus au pouvoir des humains.

MAXIMIN, à Valérie.

Ne plaignez point. Madame, un malheur volontaire. Puisqu’il l’a pu franchir et s’être salutaire,

Et qu’il a bien voulu, par son impiété,

D’une feinte en mourant faire une vérité.

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