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VIOLANTE, LÉONOR

VIOLANTE

Comtesse, votre esprit trop aisément s’altère :

La plus belle vertu n’est pas la plus austère ;

Les regards, l’entretien, de modestes ébats.

Exercent sa candeur et ne l’offensent pas.

Si vous n’aimez l’amant, souffrez-en la personne.

LÉONOR

L’approche en est suspecte avec une couronne :

Tout honnête qu’elle est, elle fait murmurer.

Et souvent déshonore à force d’honorer.

Le roi ne peut déplaire avec toutes les marques Qui font considérer les plus parfaits monarques ;

Mais d’autant plus l’honneur qu’il me fait de ses vœux En jette dans les cœurs des sentiments douteux.

VIOLANTE

Fonder sur des soupçons cette rigueur extrême Est bien mal ménager l’espoir d’un diadème :

11 en peut faire un jour tribut à vos appas ;

Ses secrets sentiments ne s’en éloignent pas ;

De moindres passions ont fait des souveraines,

Et vous êtes d’un sang qui peut donner des reines.

LÉONOR

Quelques si doux attraits dont on puisse éclater,

Des trônes ne sont pas des prix à mériter.

Le ridicule espoir de cet honneur insigne Le devrait rebuter et m’en rendrait indigne :

Mais vous, sur qui le Ciel répand à pleines mains Les trésors qu’il départ aux plus heureux humains,

Et dont les ornements et du corps et de l’âme Jettent dans tous les cœurs le respect et la flamme ; Vous dont tout le sang règne et fait partout des lois. C’est pour vous que l’amour a destiné des rois.

La Murcie et Léon pressent avec instance

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