‹ Théâtre choisiChapitre 251 sur 375 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

Vous invite à mêler du myrte à vos lauriers,

Et des succès d’amour à vos succès g-uerriers.

Soyez discret, adieu; l’objet qui vous l’adresse Est d’un rang et d’un sang digne d’une maîtresse.

(Elle se retire.)

DON LOPE, ramassant la lettre.

Veillons-nous? rêvons-nous? Puis-je être en même jour Si mal avec le sort et bien avec l’amour?

LAZARILLE

Non, non ; cet enragé vous étant si contraire.

Quelle est la malheureuse à qui vous pourriez plaire?

DON LOPE, ouvre la lettre et lit.

« A don Lope de Lune,

tt Au voyage de Vas, où nous suivions le roi,

« Une secrète ardeur vous engagea ma foi,

« Et, vous ayant depuis conservé mon hommage,

<( Vous en veux aujourd’hui confier le secret.

« Venez ce soir au parc, seul, fidèle et discret,

« En savoir davantage.

« Violante. »

Violante! est-ce un songe! est-ce une illusion?

De quoi me flattes-tu, chère confusion?

Violante! l’infante à mon sujet atteinte !

O glorieux mélange et d’espoir et de crainte !

Beau songe, qui promets plus que je ne prétends. Dissipe-toi bien tard, et dure-moi longtemps !

.le vis l’infante à Vas, ma doute n’est point vainr :

Des appas innocents n’accusons plus la haine ;

Si de cette princesse ils m’ont acquis les vœux,

L’heur qu’ils m’ont procuré m’élève au-dessus d’eux.

Mais tirons-nous d’ici, que mon transport n’évente Les secrets mouvements d’une ardeur imprudente.

Qui pourrait ruiner le plus heureux espoir Que l’Amour à mortel fît jamais concevoir.

LAZARII.LE, à paît.

L’infante! Oh! qu’il est vain! oh! quelle extiavagancc Tant de malheur lui souffre encor tant d’arrogance !

Lui, l’infante! Un moment l’aurait bien relevé ! Cherchons, cherchons parti ; mon maître est achevé.

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