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ACTE II, SCÈNE H

THÉODORE

Ah!

LADISLAS

C’est de cet amour que procède ma haine,

Et non de sa faveur, quoique si souveraine

Que j’ai sujet de dire avec confusion

Que presque auprès de lui le roi n’a plus de nom.

Mais, puisque j’ai dessein d’oublier celte ingrate.

Il faut en le servant que mon mépris éclate.

Et, pour avec éclat en retirer ma foi.

Je vais de leur hymen solliciter le roi : rfJe mettrai de ma main mon rival en ma place,

A Et je verrai leur flamme avec autant de glace tou’en ma plus violente et plus sensible ardeur ^Cet insensible objet eut pour moi de froideur.

(Il sort).

THÉODORE, seule.

O raison égarée ! ô raison suspendue !

Jamais trouble pareil t’avait-il confondue ?

Sotte présomption, grandeurs qui nous flattez.

Est-il rien de menteur comme vos vanités ?

Le duc aime Cassandre! et j’étais assez vaine Pour réputer mes yeux les auteurs de sa peine î Et, bien plus, pour m’en plaindre et les en accuser, Estimant sa conquête un heur à mépriser!

Le duc aime Cassandre ! Eh quoi I tant d’apparences,

Tant de subjections, d’honneurs, de déférences. D’ardeurs, d’attachements, de craintes, de tributs. N’offraient-ils à mes lois qu’un cœur qu’il n’avait plus? Ces soupirs, dont cent fois la douce violence.

Sortant désavouée, a trahi son silence.

Ces regards par les miens tant de fois rencontrés.

Les devoirs, les respects, les soins qu’il m’a montrés. Provenaient-ils d’un cœur qu’un autre objet engage ? Sais-je si mal d’amour expliquer le langage ?

Fais-je d’un simple hommage une inclination ?

Et formé-je un fantôme à ma présomption?

Mais, insensiblement renonçant à moi-même,

J’avoûrai ma défaite, et je croirai que j’aime.

Quand j’en serais capable, aimerais-je où je veux?

Aux raisons de FÉtat ne dois-je pas mes vœux?

Et ne sommes-nous pas d’innocentes victimes Que le gouvernement immole à ses maximes?

Mes vœux, en un vassal honteusement bornés,

VENCESLAS

Laisseraient-ils pour lui des rivaux couronnés?

Mais ne me flatte point, orgueilleuse naissance : L’Amour sait bien sans sceptre établir sa puissance, Et, soumettant nos cœurs par de secrets appas.

Fait les égalités et ne les cherche pas.

Si le duc n’a le front chargé d’une couronne,

C’est lui qui les protège, et c’est lui qui les donne.

Par quelles actions se peut-on signaler

Que...

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