SCÈNE I
JUPITER, seul.
Je suis ce suborneur, ce faux Amphitryon Qui remplis tout d’erreur et de confusion.
Que tout charme défère à la beauté d’Alcmène Qui rend un dieu sensible à l’amoureuse peine,
Qui l’attire du ciel en ce bas élément.
Et qui réduit son maître à cet abaissement.
Tels sont tes j eux, Amour, et ta gloire est extrême Jusqu’à t’être éprouvé contre Jupiter même.
Jusqu’à vouloir d’un dieu des vœux et des autels,
Et le faire souffrir pour des objets mortels.
Tantôt, pour m’asservir quelques beautés rebelles.
Tu me fais emprunter des ongles et des ailes ;
Du doux chant des oiseaux ta vertu quelquefois En des mugissements a transformé ma voix ;
J’ai d’autres fois chanté mon amoureux martyre Sur la flûte de Pan, sous la peau d’un satyre;
Et sous la forme d’or ton pouvoir souverain M’a fait trouver passage en des portes d’airain.
Mais ce chaste sujet de l’amour qui me presse Sort, les larmes aux yeux : modérons sa tristesse ; Chassons pour quelque temps le trouble de ces lieux Mais ne la détrompons que pour la tromper mieux.