ACTE II, SCÈNE III
Fait qu’ainsi tout se change, et se double et se perd.
AMPHITRYON
Si faut-il avec soin éclaircir cette affaire.
ALCMÈNE
Vous avez liberté comme droit de le faire.
AMPHITRYON
Même j’en ai moyen : si j’amène du port Naucrate, ton parent, croiras-tu son rapport?
Il sait ce que j’ai fait depuis notre venue,
Et n’a pas d’un moment abandonné ma vue. Consens-tu, si sa voix convainc tes faussetés,
A rompre le lien qui joint nos libertés ?
ALCMÈNE
Soit qu’il prouve ma faute, ou me trouve innocente, Si vous le désirez, il faut que j’y consente.
AMPHITRYON
Je reviens. Va, Sosie, entre et m’attends chez nous.
(Il sort.)
ALCMÈNE
Qui rend cet insensé de soi-même jaloux ?
SOSIE, à Alcmène.
Puisque nous sommes seuls, bannissons toute feinte : Guérissez-moi l’esprit d’une mortelle crainte.
Ne m’avez-vous point vu? ne suis-je point chez nous? Et ne m’attends-je point pour m’accabler de coups?
GÉPHALIE.
Que dit cet insensé ?
ALCMÈNE
Ne m’approche pas, traître, Suppôt d’un imposteur, valet digne du maître.