ACTE III, SCÈNE IV
Son tyrannique effort veut éblouir mes vœux Par le lustre d’un joug éclatant et pompeux.
On prétend m’aveugler avec un diadème,
Et l’on veut malgré moi que je règne et que j’aime : C’est l’ordre qu’on m’impose, ou le prince irrité. Abandonnant sa haine à son autorité.
Doit laisser aux neveux le plus tragique exemple Et d’um mépris vengé la marque la plus ample Dont le sort ait jamais son pouvoir signalé.
Et dont jusques ici les siècles aient parlé.
Voilà les compliments que l’amour leur suscite,
Et les tendres motifs dont on me sollicite.
ALEXANDRE
Rendez, rendez le calme à ces charmants appas ;
Laissez gronder le foudre : il ne tombera pas.
Ou l’artisan des maux que le sort vous destine Tombera le premier dessous votre ruine.
Fondez votre repos en me faisant heureux ;
Coupons dès cette nuit tout accès à ses vœux,
Et voyez sans frayeur quoi qu’il ose entreprendre.
Quand vous m’aurez commis une femme à défendre,
Et quand ouvertement, en qualité d’époux.
Mon devoir m’enjoindra de répondre de vous.
FÉDERIC.
Prévenez dès ce soir l’ardeur qui le transporte :
Aux desseins importants la diligence importe.
L’ordre seul de l’atfaire est à considérer ;
Mais tirons-nous d’ici pour en délibérer.
GASSANDRE.
Quel trouble, quelle alarme, et quels soins me possèdent!