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LES MÊMES ; LADISLAS

LADISLAS

Madame, il ne se peut que mes vœux ne succèdent ; J’aurais tort d’en douter, et de redouter rien Avec deux confidents qui me servent si bien.

Et dont l’affection part du profond de l’âme :

Ils vous parlaient sans doute en faveur de ma flamme?

GASSANDRE.

Ypw§ lès désavQûriez de eqtretenirj

VENCESLAS

Puisque je suis si mal en votre souvenir Qu’il veut même effacer du cours de votre vie La mémoire du temps que vous m’avez servie,

Et qu’avec lui vos yeux et votre cœur d’accord Détestent ma présence à l’égard de la mort.

LADISLAS

Vous en faites la vaine, et tenez ces paroles Pour des propos en l’air et des contes frivoles :

L’amour me les dictait, et j’étais transporté.

S’il s’en faut rapporter à voire vanité :

Mais, si j’en suis bon juge, et si je m’en dois croire.

Je vois peu de matière à tant de vaine gloire;

Je ne vois point en vous d’appas si surprenants Qu’ils vous doivent donner des titres éminents ;

Rien ne relève tant l’éclat de ce visage.

Ou vous n’en mettez pas tous les traits en usage.

Vos yeux, ces beaux charmeurs, avec tous leurs appas, Ne sont point accusés de tant d’assassinats ;

Le joug que vous croyez tomber sur tant de têtes Ne porte point si loin le bruit de vos conquêtes :

Hors un seul, dont le cœur se donne à trop bon prix. Votre empire s’étend sur peu d’autres esprits.

Pour moi, qui suis facile et qui bientôt me blesse,

Votre beauté m’a plu, j’avoûrai ma faiblesse.

Et m’a coûté des soins, des devoirs et des pas ;

Mais du dessein, je crois que vous n’en doutez pas.

Vous avez eu raison de ne vous pas promettre Un hymen que mon rang ne me pouvait permettre. L’intérêt de l’État, qui doit régler mon sort,

Avecque mon amour n’en était pas d’accord :

Avec tous mes efforts j’ai manqué de fortune ;

Vous m’avez résisté, la gloire en est commune :

Si contre vos refus j’eusse cru mon pouvoir,

Un facile succès eût suivi mon espoir :

Dérobant ma conquête, elle m’était certaine;

Mais je n’ai pas trouvé qu’elle en valût la peine.

Et bien moins de vous mettre au rang où je prétends,

Et de vous partager le sceptre que j’attends.

Voilà toute l’amour que vous m’avez causée :

Si vous en croyez plus, soyez désabusée.

Votre mépris, enfin, m’en produit un commun ;

Je n’ai plus résolu de vous être importun;

J’ai perdu le désir avecque l’espérance.

Et, pour vous témoigner de quelle indifférence

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