‹ Théâtre choisiChapitre 317 sur 375 · THÉODORE, LÉONOR · texte numérisé non relu

THÉODORE, LÉONOR

THÉODORE

De quel air, Léonor, a-t-il reçu ma lettre?

LÉONOR

D’un air et d’un visage à vous en tout promettre :

En vain sa modestie a voulu déguiser,

Venant à votre nom, il l’a fallu baiser,

Comme à force imprimant sur ce cher caractère Une marque d’un feu qu’il sent, mais qu’il veut taire.

THÉODORE

Que tu prends mal ton temps pour éprouver un cœur Que la douleur éprouve avec tant de rigueur!

J’ai plaint la mort du duc comme d’une personne Nécessaire à mon père et qui sert sa couronne ;

Et, quand on me guérit de ce fâcheux rapport,

Et que j’apprends qu’i] vit, j’apprends qu’un frère estmort. Encor, quoi que nos cœurs eussent d’intelligence,

Je ne puis de sa mort souhaiter la vengeance.

J’aimais également le mort et l’assassin.

Je plains également l’un et l’autre destin ;

Pour un frère meurtri ma douleur a des larmes.

Pour un frère meurtrier ma fureur n’a point d’armes :

Et, si le sang de l’un excite mon courroux.

Celui... Mais le duc vient : Léonor, laissez-nous.

(Léonor sort.)

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