SCÈNE II
LES MÊMES; MARDESANE, avec le bâton de général d’armée.
MARDESANE.
Quel trouble, Siroès, émeut votre courroux?
Quoi! la main sur fépée, et la reine avec vous! Dieux !
SIROÈS
J’y portais la main, mais sans aucune envie
Que...
SIRA
Que de simplement attenter sur ma vie.
(Elle sort furieuse.)
SIROÈS
Soleil, pour qui nos cœurs n’ont point d’obscurité. Juge et témoin commun, tu sais la vérité,
Et tu la soutiens trop pour laisser impunie Une si détestable et noire calomnie.
MARDESANE.
Étais-je le sujet de votre différend?
SIROÈS
Elle m’entretenait des soins qu’elle vous rend.
Qui dessus votre front vont mettre la couronne.
MARDESANE.
Vous peut-on dépouiller du droit qpii vous la donne?
SIROÈS
Je lui montrais ce fer comme mon défenseur,
Si, vivant, j’en voyais un autre possesseur.
MARDESANE.
N’étions-nous pas d’accord touchant cette querelle?
SIROÈS
Je l’étais avec vous, mais non pas avec elle ;
El son ambition, si son crédit n’est vain.
Vous mettra malgré vous le sceptre dans la main. Mais ne souhaitez pas qu’elle vous réussisse ;