‹ Théâtre choisiChapitre 338 sur 375 · ACTE I, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV

Ce murmure assez haut court par toute Tarmée,

(Montrant Palmiras.)

De son chef qu’elle perd encor tout alarmée ;

Et, pour peu qu’on la porte à vous donner les mains,

Et que l’on veuille entendre au traité des Romains,

Pour son fils contre vous la reine en vain conspire.

Et ma tête. Seigneur, vous répond de l’empire.

Où pour vous maintenir tout l’État périra.

SIROES, à part.

« Mais, je périrai, traître, ou mon fils régnera. »

(A Pharnace.)

Oui, oui, qu’elle périsse, et nous, régnons, Pharnace :

Je ne consulte plus après cette menace.

Si le trône nous peut sauver de son courroux,

Fidèles confidents, je m’abandonne à vous ;

Ouvrez-m’en le chemin, montons sur cet asile ; Rendez-moi son orgueil et sa haine inutile:

Il faut, pour conserver la majesté des lois.

Oublier la nature et maintenir nos droits.

A moi-même, par eux, la Perse me demande.

En exclut Mardesane, et veut que je commande.

Oui, princes; oui, mes droits; oui. Perse; oui, mon pays, Vous voulez que je règne, et je vous obéis ;

Je veux tenir de vous le sceptre que j’espère.

Et contre vos avis ne connais plus de père;

Mais je l’en veux tenir afin de vous venger.

De me venger moi-même, et vous le partager,

A vous, dignes auteurs de cette noble audace Qui m’appelle à mon trône et m’y montre ma place.

PALMIRAS.

Je cherchais Siroès parmi tant de froideur.

Mais je le reconnais à cette noble ardeur.

C’est sous ce mâle front. Seigneur, qu’il faut paraître ;

La Perse à ce grand cœur reconnaîtra son maître.

Le besoin presse ; allons, ne perdons plus de temps ; Pratiquons-nous les grands, gagnons les habitants ; Employons nos amis, et, la brigue formée.

Observons Mardesane, ouvrons-nous à l’armée,

Et, promettant d’entendre au traité des Romains, Intéressons junile à nous prêter les mains.

COSROàs.

Page 1