LES MÊMES ; PHARNACE
PHARNACE
O dieux! du camp, Seigneur, savez-vous la nouvelle?
SIROÉS.
Quelle?
PHARNACE, regardant autour de lui.
Qu’on vous trahit, et que le roi prétend...
Mais...
SIROÈS
Parlez sans rien craindre, aucun ne nous entend.
PHARNACE
Au mépris de vos droits et de la loi persane,
A la tête du camp couronner Mardesane.
PALMIRAS.
Voyez si j’ai raison, grand prince, et si mon soin A d’un trop prompt avis prévenu le besoin.
Mais quel effet au camp produit cette aventure?
PHARNACE
On a peine à le croire, et chacun en murmure.
On tient ce bruit semé pour éprouver les cœurs,
En voir les sentiments, en sonder les ardeurs :
Mais il n’a dans pas un trouvé que de la glace.
C’est un bruit toutefois. Seigneur, qui vous menace Et ne doit point laisser languir votre courroux.
Ainsi que l’équité, tous les cœurs sont pour vous; Quoique l’on dissimule, on ne peut voir sans peine Le roi déférer tant à l’orgueil de la reine,
Passer pour son sujet, et laisser lâchement Reposer sur ses soins tout le gouvernement.
S’étonne-t-il, dit-on, si rien ne nous succède?
Toujours ou sa furie ou Sirale possède.
Quel progrès ferait-il, furieux ou charmé.
Par l’une hors du sens, par l’autre désarmé ?