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SCÈNE II

SIROÈS, SARDARIGUE, gardes.

SARDARIGUE.

Sire, votre grandeur ne trouve plus d’obstacles ;

Chaque heure, chaque instant vous produit des miracles, Et le traité de paix qu’Émile a consenti Engage Héraclius dedans votre parti.

Mais une autre nouvelle, et bien plus importante,

Qui peut-être. Seigneur, passera votre attente.

Est que tous les soldats, d’un même cœur unis.

Amènent prisonniers Cosroès et son fils.

SIROÈS

Cosroès ! dieux ! je tremble ! et, malgré ma colère,

A ce malheureux nom connais encor mon père.

Mais, pour se saisir d’eux, quel ordre a-t-on suivi?

SARDARIGUE.

Nul que le zèle ardent dont tous vous ont servi.

A peine un bruit confus de quelques voix forcées,

Proclamant Mardesaiie, a flatté leurs pensées Et les cœurs des soldats, assez mal expliqués,

Que Sandoce et Pacor, par mes soins pratiqués, Soulevant les deux corps que chacun d’eux commande « Voyons, nous ont-ils dit, le roi qu’on nous demande. Mardesane à ce mot, pâle, transi d’effroi,

A peine encor régnant, a cessé d’être roi.

Sandoce s’est d’abord saisi de sa personne,

Cosroès s’est ému, quelque alarme se donne ;

Mais, tous deux arrêtés, on cesse, et sur-le-champ Un Vive Siroès ! s’entend par tout le camp,

Et, témoignant pour vous des ardeurs infinies.

Vous a, comme les voix, les volontés unies.

Admirez quel bonheur conduit notre projet :

Deux rois n’ont, dans le camp, trouvé pas un sujet ; L’alarme s’est éteinte aussitôt qu’allumée.

Et votre nom tout seul a mû toute l’armée;

Pharnace les amène, et tout le camp, qui suit.

Vient de ce zèle ardent vous demander le fruit.

SfROÈS, pleurant.

Que votre faste est vain, ô grandeurs souveraines.

S’il peut sitôt changer des sceptres en des chaînes !

SARDARIGUE.

Goûtez mieux la faveur d’un changement si prompt; N’en soyez pas ingrat aux dieux qui vous la font.

Sardarigue, souffrez que ma douleur vous marque Les sentiments d’un fils parmi ceux d’un monarque.

Et plaigne un père aux fers qui régnait aujourd’hui.

SARDARJGUE.

Il vous a plus produit pour l’État que pour lui Considérez son crime, et non pas sa misère,

Et, père de f K.tat, ne plaignez point un père.

A qui laisse languir l’effet d’un grand dessein Le temps peut arracher les armes de la main.

Et les faire passer en celles du coupable.

Quand de le prévenir on s’est fait incapùile.

Le fera-t-on entrer?

SIROÈS

Attendez, laissez-moi Reprendre auparavant des sentiments de roi.

Puisqu’il faut étouffer la pitié qui me reste,

Laissez-moi préparer à ce combat funeste.

Où, contre les conseils de mon ambition,

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