‹ Théâtre choisiChapitre 37 sur 375 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

MERCURE, CÉPHALIE.

GÉPHALIE.

Que tes pas sont légers ! viens-tu déjà du port?

MERCURE, à part.

Je passe pour Sosie, et, pour ne rien confondre.

C’est sous ce nom aussi que je lui dois répondre. Hâtons-nous ; consultons, en ce besoin pressant.

Notre immortelle essence à qui rien n’est absent.

Il est à peine au port.

GÉPHAUIE.

Tu n’amènes personne !

MERCURE

O le maître importun et le mal qu’il me donne !

Non, un trait de la main du plus adroit archer Fend l’air moins promptement qu’on ne m’a vu marcher.

GÉPHALIE.

Enfin qu’as-tu trouvé ?

MERCURE

Que ma course était vaine -r Car je n’ai vu nocher, soldat, ni capitaine ;

Le rivage est désert, chacun s’est retiré.

Ou plutôt j’ai trouvé ce que j’ai désiré :

Car à moins de mangeurs d’autant meilleure chèi*e. Entrons.

GÉPHALIE.

Attends un peu.

MERGCRE.

La faim me désespère.

CÉPHALIE.

De l’œil Amphitiyon a semblé m’avertir Que je l’obligerais de...

MERCURE

De quoi?

CÉPHALIE.

De sortir

Laissons-leur un moment.

MERCURE

Comprends-tu ce langage ?

Et ce moment qu’il veut, sais-tu pour quel usage ?

CÉPHALIE.

Pour obtenir peut-être un pardon plus exprès De l’affront qu’il a fait à ses chastes attraits,

Ou pour lui faire part...

MERCURE

De...

CÉPHALIE.

De quelque nouvelle

Qu’il tient secrète et veut n’être apprise que d’elle.

MERCURE

Tu ne l’entends pas mieux ?

CÉPHALIE.

Quel que soit leur dessein, Je n’ai lu jusqu’ici ni veux lire en son sein :

Ma curiosité jamais ne m’importune ;

Je laisse toute chose au soin de la fortune.

Et ne pénètre point dans les secrets d’autrui.

MERCURE

Oh ! que tu sais bien mieux !

CÉPHALIE.

Sosie est toujours lui.

MERCURE

Je suis ce qui te plaît ; mais la faim qui me presse. Quel que soit leur secret, condamne ma paresse. Entrons : lorsqu’il s’agit d’un excellent repas,

Mille secrets d’Etat ne m’arrêteraient pas.

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