‹ Théâtre choisiChapitre 38 sur 375 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

AMPHITRYON, seul.

Et sur tout le rivage, et par toute la ville,

J’ai fait pour le trouver une course inutile :

Il n’est temple, bureau, halle, jeu, carrefour.

Dont, pour le rencontrer, je n’aye fait le tour.

Mais rien ne me succède, et sa recherche est vaine ; Ma seule lassitude est le fruit de ma peine.

Je trouve tout changé, tout est ici confus ;

On s’y perd, on s’y double, on ne s’y connaît plus. Cet importun destin, qui brouille toutes choses, Aura mêlé Naucrate en ces métamorphoses :

Nous sommes deux doublés ; celui-là s’est perdu. Quand notre état premier nous sera-t-il rendu ? Quand se termineront ces changements étranges ? Quand veux-tu, Jupiter, débrouiller ces mélanges? Entrons, et, s’il se peut, sachons quel imposteur De ces confusions est le subtil auteur.

Tirons par la rigueur, si la douceur est vaine. Cette confession de la bouche d’Alcmène ;

Étouffons ce serpent, perdons ce suborneur.

Et puisse tout périr plutôt que mon honneur !

(Il frappe à la porte.)

Holà ! quelqu’un ici I

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