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ACTE V, SCÈNE V

Et ne le tient pas sûr si de son fondement Ma tête n’est la base et mon sang le ciment.

Immole donc, tyran, mes jours à tes maximes, Assure-toi l’État par le plus grand des crimes.

Laisse agir la fureur avecque liberté ;

Ne donne rien au sang, rien à la piété;

Et vous, que mon malheur rend si fiers et si braves.

Ce soir mes souverains, ce matin mes esclaves...

SIROÈS, à genoux.

Seigneur, daignez m’entendre. O nature! et vous dieux! Vous pouvez, sans horreur, jeter ici les yeux :

L’objet de vos mépris encor vous y révère;

Je ne suis ni tyran, ni juge de mon père;

J’ai tous les sentiments que vous m’avez prescrits,

Et renonce à mes droits pour être encor son fils.

Oui, mon père, et l’État ni toutes ses maximes Ne peuvent m’obliger à régner par des crimes ;

Pour immoler vos jours à mon ressentiment.

Vous régnez sur les miens trop souverainement.

Est-il un bras d’un fils qu’an soupir, une larme,

Un seul regard d’un père aisément ne désarme?

Si contre vous, hélas! j’écoute mon courroux.

Je porte dans le sein ce qui parle pour vous;

Dedans moi, contre moi, vous trouvez du refuge,

Et, criminel ou non, vous n’avez point de juge. Paisible, possédez l’État que je vous rends;

Vous pouvez seul. Seigneur, régler mes différends; Arbitre entre vos fils, terminez leur dispute En retenant pour vous le rang qu’ils ont en butte ;

Ne le déposez pas aux dépens de mes droits.

Entretenez en paix votre sang sous vos lois.

GOSROÈS.

L’arrêt de Mardesane et celui de la reine Me peuvent-ils souffrir une attente si vaine?

Traître, joins-tu la fourbe à l’inhumanité?

SIROÈS

Éprouvez ma franchise et votre autorité.

GOSROÈS.

Révoque donc leur mort, et fais qu’on me les donne.

SIROÈS

Gardes, suivez le roi, faites ce qu’il ordonne,

Et, sans prévoir l’effet qui m’en succédera...

SARDARIGÜE.

Seigneur!

COSROES.

Allez.

SIROÈS

Rendez le prince, et délivrez S ira.

(Gosroès, Sardarigue ot les gardes sortent.)

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