SCÈNE VI
(Le ciel s’ouvre.)
LES MÊMES, JUPITER, en l’air.
JUPITER
Rassemble, Amphitryon, et possède tes sens ;
C’est bien ici le même foudre Dont je mis les Titans en poudre :
Mais il ne tombe pas dessus les innocents.
Roi, monarque des rois, dieu, souverain des dieux, Pour tirer ton esprit de peine Et soutenir l’honneur d’Alcmène,
De mon trône éternel je descends en ces lieux.
Je suis le suborneur de ses chastes attraits,
Qui, sans l’emprunt de ton image,
Quelque beau que fût mon servage,
Pour atteindre son cœur aurait manqué de traits.
D’un fils frère du tien, digne sang de mon sang.
Sa couche vient d’être honorée.
Qui de cette basse contrée Un jour des immortels viendra croître le rang.
Il reçoit l’être, l’âme, et naît presque à la fois ;
Et, pouvant tout sur la nature.
J’en romps l’ordre en cette aventure.
Et fais faire à trois nuits l’office de neuf mois.
Deux horribles serpents étouffés par ses mains Ont déjà marqué sa naissance.
Et qu’homme d’immortelle essence.
Il passe en dignité le reste des humains.
Qu’Hercule soit le nom de ce jeune héros;
Que par lui chacun te révère ;
Chéris le fils, aime la mère.
Et possède avec elle un paisible repos.
(Il remonte au ciel.}