SCÈNE IV
LYDIE, seule.
De quel soin il la sert ! de quelle ardeur extrême !
Laure, je crains pour vous, mais bien plus pour moi-môme ; Le traître à toutes deux vient d’annoncer la mort,
A moi par son silence, à vous par son rapport.
Mais peut-être qu’à tort, interdite et confuse.
Je me trahis moi-même, et moi-même m’abuse.
L’ordre d’assister Laure en ce besoin pressant Rend ma plainte coupable et son soin innocent.
Et je me forge en l’air le soupçon qui m’afflige ;
Car, de croire qu’il aime où le prince à dessein.
C’est une folle crainte, indigne de mon sein.
Mon amour toutefois, encore en défiance.
Ne peut laisser qu’au temps résoudre ma créance;
Un ver de jalousie, un importun penser
Est bien prompt à venir, mais bien lent à chasser.