ACTE III, SCÈNE I
Qu’une fenêtre basse expose aux yeux de tous,
Qui de tous les passants rend et reçoit la vue :
C’est là qu’il faut, Lydie, attendre ma venue.
Et qu’il faut essayer l’artifice amoureux
Qui promet du repos et pour nous et pour eux.
Moi, j’attends ici Laure, et, l’ayant introduite Et laissée en sa chambre où je l’aurai conduite.
Avec avis exprès de ne paraître pas.
De crainte que le roi n’adresse ici ses pas.
Je viens au cabinet où joûra l’artifice Qui rend à ces aman s ce favorable office.
LYDIE
Mais quel office encor ? je ne le comprends point ? Beaucoup d’art, sans mentir, à ce mystère est joint.
OCTAVE
Eh quoi ! ne sais-tu pas où Laure en est réduite ? Peut-elle d’un monarque éviter la poursuite.
Tandis qu’il la croira nourrir ses premiers feux. Songer encore au prince et recevoir ses vœux ?
Ce qu’il ne croira plus, s’il apprend qu’elle m’aime.
LYDIE
Mais pourquoi, l’abusant, abuser Laure même.
Et ne lui dire pas le plaisir qu’on lui fait ?
OCTAVE
Afin de n’ôter pas le mérite au bienfait.
Qui, n’étant point promis, oblige davantage ;
Outre que cette fille, avec ce grand courage Qui donne un vol si haut à ses prétentions.
Verrait qu’on ferait tort à ses affections,
Et,- brûlant d’une flamme et si noble et si belle.
Ne voudrait pas souffrir qu’on la crût infidèle.
LYDIE
Le trait est d’habile bomine et d’un esprit bien sain.
OCTAVE
La seule piété m’oblige à ce dessein.
Et ton zèle de même à ce devoir t’invite Et de cette faveur partage le mérite.
Laure vient de ce pas, et j’arrête en ce lieu Pour la rendre en sa chambre.
DYDIE.
Attendez donc.
OCTAVE
Adieu.
(Lydie sort.)
LAURE PERSÉCUTÉE