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SCÈNE II

OCTAVE, seul.

De ces divers détours la route est malaisée ;

Mais en ce labyrinthe il faut être un Thésée ;

Il faut promettre à tous et faire tout pou’" soi ;

Pour bien tromper le prince, il faut tromper le roi. Employons Laure même en cette comédie;

Ouelqu’un prendra pour Laure, et l’autre pour Lydie. Car il est important, et j’y saurai pourvoir.

Que le roi, la voyant, ne sache pas la voir :

Faisant qu’il la connût, j’exposerais sa vie A l’ardente fureur dont il l’a poursuivie.

Amour, subtil enfant, seconde mon dessein.

Favorise ma flamme, ou me l’ôte du sein.

Hasardons tout : n’importe, au moins j’ai l’avantage De ne pouvoir périr par un plus beau naufrage.

De ne pouvoir briser contre un plus bel écueil.

Ni dans plus belle mer rencontrer mon cercueil.

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