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SCÈNE VII

LES MÊMES; LYDIE ET OCTAVE, dans un cabinet.

LYDIE, à Octave.

Ah ! ne m’opposez point des excuses frivoles ; Répondez-moi du cœur, laissons là les paroles. Octave, payez mieux les ardeurs que je sens Qu’avecque des soupirs ou feints ou languissants. Infidèles témoins d’une fidèle flamme.

Et qui ne disent point les sentiments de l’âme.

ORANTÉE, écoutant sous la fenêtre.

Ardeurs, flammes, soupirs, ah ! que m’apprenez-vous Laure priant d’amour! lui prié I moi jaloux !

OCTAVE

Mais, puisque vous savez que je dépends d’un maître, Accordez cïonc les noms de valet et de traître.

Laure, eh quoi ! pourrez-vous priser avec raison La foi qui vous viendrait par une trahison ?

Mon devoir, non pas moi, fait cette résistance ;

Je ne vous puis, constant, promettre de constance : Quels si sacrés serments vous pourraient assurer D’un qui pour s’engager se devrait parjurer?

Libre, j’aurais assez d’ardeur et de courage Pour oser souhaiter ce glorieux servage ;

Mais je dépends du prince, et cet engagement Me détend d’attenter à son con Lentement.

ORAXTEE.

Ce désir te serait une funeste envie,

Et tout autre discours t’aurait coûté la vie.

LAURE PERSÉCUTÉE

LE ROI

Eh bien, où fondez-vous votre fidélité?

Dessus cette faiblesse et cette lâcheté?

LYDIK.

L’Amour est bien enfant quand, tremblant et timide, Il prend ou la prudence ou la raison pour guide : Souffrons, puisqu’il est dieu, que tout lui soit permis. Sans respect de parents, de maîtres, ni d’amis ;

Car enfin que prétend, avecque sa fortune.

Ce prince dont l’amour si longtemps m’importune? Qu’il soumette ses vœux aux volontés du roi.

Et me laisse à mon gré disposer de ma foi.

OCTAVE

Quoi ! Laure est infidèle?

LYDIE

Octave est indomptable?

OCTAVE

De cette trahison mon cœur n’est pas capable.

ORANTÊE.

« Et me laisse à mon gré disposer de ma foi ! »

Ah! c’est trop.

Arrêtez.

ORANTÉE.

Monsieur, permettez-moi.

« Car enfin que prétend, avecque sa fortune,

« Ce prince dont l’amour si longtemps m’importune !

LE ROI

Mon fils!

Venge...

ORANTÉE, tirant son épée.

Souffrez, Monsieur, que mon juste courroux

OCTAVE

J’entends quelqu’un. Laure, retirons-nous.

COctave et Lydie se retirent.)

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