SCÈNE VII DURVILLE, AUGUSTE
AUGUSTE
Vous m'avez demandé, mon oncle?
Oui, monsieur, j'ai une conversation très sérieuse à avoir avec vous.
AUGUSTE, lui remettant des leitret.
Mon oncle, voici des lettres.
DURVILLE
C'est bon, je les lirai. Monsieur, lorsque par égard pour mon frère, par amitié pour vous, je consentis à vous admettre dans ma maison, j'ai dû penser que je trouverais le prix de i^ia conduite dans votre reconnaissance.
AUGUSTE
Je ne crois pas, mon oncle, avoir trompé votre espoir.
DURVILLE
Pardonnez-moi, monsieur. D'abord admis par moi dans mon amitié, dans ma confiance, vous vous permettez de critiquer mes opérations.
AUGUSTE
Il ne m'appartient pas sans doute de vous donn^
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des conseils, mon oncle; mais ne serais-je pas coupable, si jetons cachais mes sentiments? Voyez ces vrais négociants, ces banquiers, dont tout Paris, dont toute la France chérit etbénit la fortune, aussi sévères pour le débiteur de mauvaise foi, qu'indulgents pour l'honnête homme victime des circonslances, s'unîssant ensemble pour relever le crédit, ranimer la confiance, honorer leur patrie chez l'étranger, et la délivrer de cette troupe d'usuriers* qui spéculaient sur le malheur des temps; un luxe bien entendu, des spéculations graodes, utiles; l'encouragement de l'agriculture, aes arts, des manufactures; voilà leurs titres à l'estime, à la reconnaissance publique. Pouvezvous me blâmer, mon oncle, quand je n'ai d'autre désir que de vous voir marcher sur les traces de ces hommes vraiment respectables?
DURVILLE
Qu'est-ce à dire?... Sachez, monsieur, que le devoir d'un commis, car vous êtes le mien, est de suivre aveuglément les volontés de celui qui l'emploie.
AUGUSTE
Si vous m'en voulez pour avoir intercédé en faveur de M. Delorme auprès de vous?
DURVILLE
Ah! voilà ce que j'attendais. Prenez encore le parti de M. Delorme.
AUGUSTE
Riche comme vous l'êtes, pouyez-vous pour une somme...
DURVILLE
Et oui vous a dit, s'il vous plaft, que j'étais si riche? Avez-vous compté avec moi?
AUGUSTE
Pardon, mon oncle; mais vos entreprises, vos dépenses, vos fêtes...
DURVILLE
Croyez-vous que ce soit pour mon plaisir que je donne ces fêtes? Ne voyez- vous pas que tous ces bals, ces réunions, ces dépenses sont nécessaires pour augmenter, pour conserver mon crédit? Vous ne vous formez pas du tout, en vérité; j'en sais fâché pour vous, mais vous n'entendrez jamais rien au commerce. Revenons à M. Delorme,