VIE DE PICARD. XIX
petit acte, les Oisifs qui en revanche réussit fort bien et Lantaroy autre succès sur une autre scène, celle du Vaudeville ; en 1810, V Alcade de Uolorido très applaudi de même, et les Deux Lions accueillis au mieux sur le théâtre de la rue de Chartres ; en 1 81 1 , un Lendemain de fortune qui fut un peu cahoté, messieurs du conseil d'État s'étant plaints qu'il eût osé mettre sur la scène deux de leurs auditeurs ; et la Vieille tante^ dont refifetfut des plus vifs, quoique la pièce parût un peu longue, et qu'on trouvât le litre mal choisi. Picard en convint dans sa préface : c Les Collatéraux f y dit-il, voilà, je le sais, le vrai titre de la pièce. J*ai craint qu'on ne la compar&t malignement au Collatéral. Il me revenait déjà qu'un plaisant avait dit : le Collatéral^ les Collatéraux,!* auteur décline, »
En 1812, le 31 mars, ses trois actes, les Prometteurs^ siffles le premier soir, ne se relevèrent ensuite que faiblement, et il s'en tint là pour cette année. Pendant celle qui suivit, nous ne le trouvons qu'au théâtre Feydeau, oh il fait Jouer Valentin ou le Paysan romanesque ^ trois actes d'opéra-eomique dont la partition est de Berton.
En 1814, l'ancienne troupe du théâtre Louvois, qui, l'année même qu'il l'eut quittée, avait émigré à TOdéon, où depuis 1812 l'habileté de Duval chargé de la direction l'avait mise en péril, demande à grands cris que Picard lui soit rendu comme administrateur. Il ne résiste pas, mais les événements, une grave maladie de sa femme, qu'il perdit le 8 septembre 1815, Tempéchèrent de se rendre aussi vite qu'il l'eût voulu aux désirs de ses vieux camarades. En 1816, seulement, il quitte l'Opéra, et passe à l'Odéon qu'avec deux ou trois pièces heureuses il remet bientôt à flot. La première. Monsieur de Bou" lanville, quoiqu'elle tdX d'à propos, car il s'y moquait fort gatment des députés constitutionnels, des électeurs, etc., ne réussit guère qu'à moitié, et il dut la réduire de cinq actes à trois. Hais celles qui suivirent les Deux Philibert et le Capitaine Belronde , allèrent aux nues. Les Deux Philibert , joués, de deux jours l'un, tinrent l'afQcbe pendant cinq mois, et le Capitaine Bel^ ronde n'eut pas une moins longue fortune.
Vanglas ou les Anciens amis, joué le 28 août 1817, n'obtint pas un aussi brillant accueil. La pièce est une des meilleures que Picard ait écrites, mais le vers, cette fois encore, et la forme en cinq actes lui avaient été ftiUls.
En 1818, le 20 mars, un désastre l'attendait. Pour la
ir^ VIB DE PICARD.
seconde fois, TOdéon brûla, et peu â*en fallat que ta maison qu^il habitait, rue Corneille, n» 2, ne fût aussi détruite. 11 rallia sa troupe dispersée par le sinistre, obtint qu'on lui prêtât la salle Favart, jusqu^à la reconstruction du théâtre incendié et reprit possessioji de celui-ci un peu moins de deux ans après, le 6 janvier 1820. Ce ne fut que pour bien peu de temps.
Las, dégoûté, ne se trouvant plus la force de lutter contre la concurrence du vaudeville et du drame, ni de tenir tête aux prétentions des acteurs, il quitta TOdéon au mois de mars 1821. 11 n'y revint plus que comme auteur : aVec Fulgence et WafjQard, par exemple, /ses collaborateurs pour les Deux ménages, en 1823 ; et avee Mazères, qu'il y aida deux ans après, pour les trois actes de l'Enfant trouvé, -
Librcv^l ei^nroûta pour écrire plus, sinon mieux, que jamais. Sesromainrdont nous n'avons pas à parler, puisque l'auteur dramatique doit seul n^us occuper ici, datent tous de ce temps jlà« Il travailla alors aussi pour le Gymnase, ou théâtre de Madame, dont l'ouverture était récente. C'est là qu'il fit représenter aviec Fulgenco et Wafflard : Un jeu de Bourse; avec Maières» le Landaw; V Album, avec 3}n anonyme, et seul, deux autre» petites comédies, l'Absence et Riche et Pauvre. .»
Au Théâtre-Français, ii^t, pourHa pHis importante part» dans les jMKlmièrci^grandes pièces d'Empis, l'AgiO' tage, qui fui tLj^fHÊadïjèi ^Lambert, Synmef ou le Manne- NçKfn politique, qm jré.iiJh^lt l)eaiicoup moink. H mit aussi la main à rheulrô:U8e pièce en trois acté^ de Mazères, les Trois quariiers, }OMie tn 1827. Ce fut son dernier succès. En 1824, il avait perdu sa seconde femme, morte danrla fleur de sa jeunesse ; et la fille, toute enfant encore, qu'elle lui avait laissée ne suffisait pas pour le consofer^ Sa gaité s'^ieignit, ses forces l'abandonnèrent, et il n'avait pas encore soixante ans, lorsqu'il mourut le 31 décembre 1828.
Une pièce en trots actes commencée avec Mazères fùl louée trois mois après. Elle s'appelait le Bon garçon, 11 eût mérité de mourir sur ce titre-là, car malgré ce qu'a dit Du val, qui fit contre lui sa pièce le Faux bonhomme ^ bon garçon, Picard l'avait été toute sa vie.
Edouard Fournibr.
Il oetobra 1879.
LÏS «ISITAHIIIIIES.