BUHAtTTCQURS
DURVILLB.
Héla»! il n'est que trop vrai, mon cher neveu.
AUGUSTE
Gela ne se peut pas, mon oncle ; vous avez de quoi faire face à tous vos engagements.
FRANVAL
Ahlahl
DURVILLE
Et d'où sauriez-vous...
AUQUSTB.
Je le sais. N*est-ce pas moi qui suis chargé de taute votre correspondance? Hier encore je me * félicitais de la situation de vos affaires.
DUHAUTGOURS, à part,
Ohl rimbécile jeune homme!
FRANVAL
Ehl que diable aussi pourquoi ne lui faitesvous pas sa leçon, mon confrère le créancier?
DURVILLE
Croyez-vous donc être dans la conMence de toutes mes opérations?
DUHAUTGOURS.
Oui, sans doute; c'est à un jeune étourdi comme vous que M. Durville ira confier des entreprises délicates I
FRANVAL
Fi donc ! vous êtes trop jeune mon ami, trop- Ingénu pour qu'on vous emploie dans des opérations délicates, comme dit monsieur.
DURVILLE
Ahl mon neveu, si vous connaissiez le malheur affreux dont je viens de recevoir la nouvelle.
AUGUSTE
Un malheur ! en est-il un seul qui puisse vous, réduire à cette extrémité? C'est une honte dont vous ne vous couvrirez pas.
DUHAUTGOURS.
n va tout perdre.
DURVILLE
Monsieur, quel ton singulier prenez-vous donc avec moi?
AUGUSTE
Quelles mesures aurais-je encore à garder? Ne suis- je pas votre neveu, votre ami...
AOTB III , SOÂNB VIII. 157
FRANTAL.
Il a du feu, le jeune homme.
DBLORMB, bas à Fronvol»
C'est ce neveu de M. Durville...
FRANYAL , bas à Delorme,
Dont ta fille m*a déjà parlé; un sujet qui s'annonce fort bien. Je t*en félicite pour ma filleule. (Bout,) Messieurs, j'en suis fâché pour vous; mais plus ce jeune homme m'inspire d'estime et de confiance, plus il me donne mauvaise opinion de vous.
DELORME
Franval, M. Durville m'a fait bien du mal ; mais jusqu'ici je n'ai jamais douté de sa probité; loin de l'accuser, je le plains d'être entouré de conseillers perfides et méchants.
DUHAUTGOURS.
Trop honnête; c'est à moi que ceci s'adresse.
DURVILLE
Il ne me manquait plus que la pitié de M. Delorme.
DELORME
Non, M. Durville n'est point un malhonnête homme.
FRANVAL
Mais il est en bon train de le devenir; c'est un service à lui rendre que d'empêcher sa première sottise. Je m'en charge. A une heure, ici, l'assemblée des créanciers. Sans adieu, messieurs. Touchez là, jeune homme. Ta fille n'avait pas tort de me faire l'éloge d'Auguste : c'est votre nom, je crois. Vous êtes un brave. Je ne m'en dédis pas, Delorme ; je me charge de ton affaire auprès de tes créanciers. Mes cinquante mille francs ne sont pas encore perdus. [Il son,)
AUGUSTE , le suivant.
Ah! messieurs; mon cher Delorme, c'est vous que j'implore. Que M. Franval ne précipite point ses démarches.
DELORME
Vous m'avez trop bien servi dans mes malheurs pour que les vôtres me soient étrangers.
{Il sort.)
158 DUHAUTCOURS. .