RAF
Ma foi, oui; je croîs* que vous avez raison ; je n*aime pas les procès.
(// s* approche pour signer avec Prudent^ et tout deux lisent l'acte tout bas,) DUUAUTGOURS.
Ni moi ; c'est ce qui m'a fait signer le premier.
FRANYAL.
Tu as beau changer de ton, hypocrite, tour à tour colère et doucereux.
DOHAUTGOURS.
Les injures ne m'ont jamais effrayé; elles ne prouvent rien que les torts de ceux qui les disent. €es messieurs, eo signant, répondent sans réplique à vos déclamations.
FRANVAL
Quels sont ces gens-là?
DUHAUTCOURS.
Ce sont des gens qui vous valent bien. M. Graff, négociant, Irlandais d'origine, qui sait ce qu'on doit au malheur, à qui il est dû, par compte arrêté, quatre-vingt-deux mille francs; M. Prudent, un honnête marchand qui a le malheur d'être sourd, mais à qui il n'en est pas moins dû vingtcinq mille trois cents francs. Qu'avez-vous à leur opposer? Voilà leurs titres. Us sont clairs et authentiques.
FRANVAL
Je n'ai pas besoin de les regarder; ils sont faux.
GRAFF
Faux!
DUHAUTCOURS.-
Qu'est-ce à dire? ils sont faux!
PRUDENT
Je n'entends pas.
FRANVAL
Oui, je le répète, ils sont faux. Ahl si ces créances étaient légitimes, ces gens-là signeraient-ils aussi tranquillement la perte de leur fortune? Leurs femmes, leurs enfants ne se seraient-ils pas présentés à leur pensée? Voyez si le moindre trouble paratt sur leur physionomie.
GRAFF
Monsieur, vous m'insultez, et je ne crois pas mériter... Vous parlez de femme^ d enfants; je suis
176 nUHAUTCOURS.
garçon, et ma fortune est assez conséquente certainement pour que je sois au-dessus d'une pareille misère.
OUHAUTCOURS, à Graff.
Tais-toi donc,
FRANVAL
Ta fortune! Fourbe imbécile, apprends à mieux jouer toQ rôle.
GRAFF
Qu'est-ce que c'est, monsieur? des propos? Sar chez que je ne les aime pas. Au surplus, chacun est maître de se conduire comme il Tentend. Vous êtes créancier, je le suis aussi ; vous ne voulez pas signer, j'ai signé; tant mieux pour vous ou pour moi, n'est-ce pas? Et je vous souhaite le bonjour.
(Il tort.)