‹ Théatre choisiChapitre 232 sur 418 · ACTE I, SCSNE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCSNE VI

jea ; et votre argent n'en sera pas moins doublé, triplé, quadruplé, quesais-je?

MADAME DE SAINT -PHAR

Allons, j'ai donc bien fait, à la mort de mon pauvre mari, de vous remettre tous mes fonds. Grâce à vous, je vais me trouver une veuve assez opulente; mais je suis jeune, et j'ai le temps de songer à me remarier.

DORVUJB.

Oui, nous avons le temps; pourmoj, cette affaire terminée, je me retire ; oh I je me retire tout à fait. Quand on a travaillé comme moi cinq ans à être utile à ses concitoyens, il est bien permis de jouir et de se reposer. Il fallait trente ans, quarante ans anciennement pour s'arrondir; à présent c'est plus court, et tant mieux. J'aurai quelqu'un qui fera valoir mes capitaux; et moi, tranquille dans ma terre ou à Paris, je dépenserai. La chasse, le jeu, une bonne table, une société choisie, de jolies femmes, voilà tout ce que je demande ; je ne suis pas ambitieux, moi.

MADAME DE SAINT-PHAR

Oui, nous jouerons des proverbes, nous ferons de la musique, nous aurons des bals champêtres magnifiques, des originaux de province dont nous nous moquerons, des gens d'esprit qui nous divertiront.

DORVILÊ.

C'est cela : comme vous vous entendez à faire les honneurs dé ma maison...

C'est un bonheur pour moi. Votre maison est si bonne... Qu'il est doux pour un frère et une sœur d'être aussi tendrement unis 1

DORVlLÉ.

C'est vrai : il s'ensuit donc, ma sœur, que nous sommes heureux, très heureux, parfaitement heureux. Continuons notre promenade.

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