SCÈNE V DORVILÉ, MADAME DE SAINT-PHAR, DUMONT
DORVILÉ.
11 est superbe, ce poisson, il est magnifique. Entendez-vous, Dumont? trois couverts, et qu'on dise au garde-chasse de nous avoir quelque gibier;
surtout s'il me vient quelque lettre, qu'on me l'apporte sur-le-champ. (Dumom rentre dans le château,) Ces maudites traites I... Oh I elles arriveront. C'est bien aimable à ce Valberg : à peine il sait notre arrivée au château, et il nous envoie demandera dîner.
MADAME DE SAINT-PHAR
Soyez tranquille, mon frère ; dussions-nous rester toute Tannée à la campagne, il ne manquera pas un seul jour.
DORVILB.
Eh bien I tant mieux. Charmant garçon, d'une complaisance, d'un esprit...
MADAMB DE SAINT-PHAR
Oui, il est gourmand, bavard, ridiculement sentimental.
DORVILB.
Kh bien I tant mieux. Il va prônant de tous côtés ma table et ma bienfaisance : cela fait honneur ; et puis j'aime les gens qui ne sont point ingrats. C'est à mon crédit' qu'il doit cette bonne place dans la ville voisine.
MADAME DE SAINT-PHAR
Il ne nous amène donc pas sa sœur ?
DORVILÉ.
Est-ce qu'il a une sœur?
MADAME De SAINT-PHAI|.
A qui il a établi une petite maison de commerce dans la même ville depuis qu'il est placé ; une jeune personne fort jolie, dit-on, mais très sotte, très inconséquente.
DORVILB.
Il faudra voir cela ; je veux faire connaissance avec la sœur. Pour en revenir à notre sujet, je vous le répète, une excellente opération de finances.
MADAME DE SAINT-PHAR
Je le crois, puisque vous le dites ; mais toute votre fortune, toute la mienne entre les mains de votre correspondant de Hambourg...
DORVILÉ»
L'honnête Frémon, homme actif, intelligent : que craignez- vous? N'avez-vous pas hypothèque sur mon château? Il n'y a que moi qui risque; j'aime à jouer gros jeu, moi; je suis heureux au