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SCÈNE V DORVILÉ, MADAME DE SAINT-PHAR, MARCEUN

MARCELIN

Cela n'est pas assez grand, cela n'est pas assez vaste.

Nous parlions de vous, monsieur.

MARCELIN

Votre serviteur. Et puis j'amènerai un peintre pour qu'il me dise si effectivement tous ces tableaux sont des originaux; je ne veux pas de copies, moi.

DORVILÉ.

Vrais originaux, monsieur. Us m'ont coûté assez cher.

MARCELIN

Et puis votre bibliothèque m'a fait naître une grande idée : je veux m'entourer de savants, de

f)oètes, de gens de lettres; je les encouragerai, je eur ferai des pensions, je leur donnerai des prix, je serai leur Mécène.

DORVILÉ.

Ma sœur pourra vous indiquer les Virçiles et les Horaces du jour. L'hiver dernier n'avait-elle pas fondé chez moi un dtner de beaux esprits.

MARCELIN

J'aurai des gravures, des médailles, des loges à tous les spectacles ; et quelle cave ! quelles porcelaines! quel cuisinier surtout! quoique le vôtre ne soit pas mauvais. Enfin, mon éducation est incomplète, je prendrai un maître de danse, un

YALBmG.

Précisément.

CBLESTINB.

Madame, j*ai bien l'honneur... {Bas à ton frère,) Est-ce la dame qui a des prétentions? |

YALBERG, bas à ta iceur,

Taîs-toî donc. (A Marcelin,) Vous m'avez si bien reçu, votre cœur et le mien du premier abord se sont si bien répondu, que j'ai cru ne pas devoir perdre un moment pour vous faire connaître une sœur chérie. L'amitié, la nature se partagent mon âme.

DORYILÉ.

Oui, la nature, Famitié... moi j'aime mieux les bonnes actions que le beau langage.

YALBERG.

C'est très juste ce que vous dites là, mon cher Dorvilé.

CÉLESTINB.

Oui, monsieur, l'éloge que mon frère m'a fait de vos grandes qualités m'a inspiré pour vous une

estime...

DORYILé.

Croyez, mademoiselle, que votre frère et vous n'êtes pas les seuls qui ayez conçu beaucoup d'estime pour monsieur.

MARCELIN

Ma foi, messieurs et mesdames, vous m'enchantez; quand je ne devrais à ma fortune que l'avantage de me procurer des assurances aussi UDaulmes d'une parfaite amitié, je lui aurais de grandes obligations.

YALBERG.

Ahl l'amitié... est-ce donc la fortune qui l'inspire? Â la bonne heure, je suis franc, il est doux d'être l'ami d'un homme riche; mais ce qui fait vraiment naître l'amitié, c'est une secrète impulsion, une certaine sympathie, comme dans l'amour.

CBLESTINB.

Oui, comme dans l'amour. Je suis aussi franche que mon frère...

MADAME DE SAINT-PBAR

C'est ingénu.

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