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SCÈNE VIII

GASPARD, DORVILÉ, MADAME DE SAINT-PHAR, VALBERG, CÉLESTINE, MARCELIN, DELORME, GEORGETTE.

DELORME

Eh bien! monsieur Gaspard!... Ah! vous voilà, monsieur Marcelin?

GBOROBTTE.

Ce n'est pas vous que nous cherchions, au moins : je vous prie de le croire.

MARCELIN, à part.

Diable! encore Georgette.

DORVILÉ, allant au-devant de Georgette»

Ah! c'est vous, ma chère filleule : j'espère que VOUS ne m'en voulez pas de ce qui s'est passé entre vous et Marcelin?

MADAME DB SAINT-PHAR, de même.

Oui, Georgette est trop raisonnable...

CÉLBSTINE, de même.

Mademoiselle a dans la physionomie quelque chose qui indique trop de bonté...

VALDER6, de même.

Trop de sentiment, pour ne pas excuser...

GASPARD, à part»

Courage! inclinez-vous vers le soleil levant, agiles tournesols!

DBLOAME.

Tiens! pourauoi donc font-ils tant de ciMQpliments à ma fille?

DORVILÉ.

C'est ma sœur...

GÉLBSTINB.

C'est mon frère...

GASPARD, à part.

Pliez, flexibles roseaux; je n'ai pas le droit da

81% I*BS MARIONNETTES.

VOUS en mépriser davantage; J'ai plié comme vous.

MARGBLIN.

Ehl mais, de grâce, messieurs et mesdames, expliquez-moi... Vous vous confondez en politesses pour Georgette; vous avez Tair de me plaindre.

GASPARD

Eh bien! puisque les autres ont commencé à t'inquiéter, il n*est plus temps de garder de vains ménagements. De la fermeté, mon ami; c'est ici

Sue tu vas avoir besoin de cette grande force 'âme dont tu te glorifiais ce matin.

MARCELIN

Âhl mon Dieu! quel ton solennel!

GASPARD, montrant la lettre que Léonard lui a remise,

La voici, cette lettre que M. Léonard a trouvée dans les papiers de la succession. Oui, c'est ton meilleur ami qui doit avoir le courage de te porter le coup fatal.

MARGBLIN.

Le coup fatal!

GASPARD

Oh! ne t'effraie pas; et vous, mademoiselle, ne vous éblouissez pas.

GEORGBTTE.

Eh quoi l j'y serais pour quelque chose!

DELORME

Voyons cela.

YALBERG.

Mais enfin, monsieur, cette lettre?

GASPARD

Tu reconnais récriture?

MARCELIN

C'est du cousin Ducoudray.

^ GASPARD

Elle est adressée à son premier notaire, que la mort a frappé avant le testateur, le prédécesseur -de celui que tu as vu aujourd'hui.

MADAME DE SAINT-PUAR

Fort bien ; mais lisez donc.

GASPARD, lUiani,

« Les informations secrètes que j'ai prises sur m le compte de mon cousin - Marcelin me font « presque repentir du testament que je vous ai «i dicté. ».

ACTB V, SGÉNB VIII» 319

MARGBUN*

Ah I grand Dieu !

GASPAHD.

« Il s'en faut que celte insouciance philoso- « phique qu'il affecte me prévienne en sa faveur. »

MARCELIN

Insouciance philosophique, moi! on m'a calomnié.

« Les mêmes informations m'ont inspiré beau- « coup d'estime pour Georgette Delorme, aussi ma « parente du côté maternel. »

DELORME

C'est vrai.

GASPARD

« Je voudrais être plus jeune, et peut-être « ferais-je son bonheur autrement que par un « testament. »

DBLORME.

Il n'aurait pas rougi de l'épouser, celui-là.

GASPARD

« Mais à mon âge, et frai>pé d'une maladie que « je sens mortelle, je ne puis que méditer de nou- « velles dispositions dont je vous ferai part inu cessamment. »

MARCELIN

Et ces nouvelles dispositions?

GASPARD

Sont olographes, contenues dans une autre lettre, maintenant entre les mains de M. Léonard.

MARCELIN

Eh bien! celte lettre? elle me déshérite? elle .institue Georgette légataire universelle?

Vous VOUS taisez !

C'est au notaire à vous instruire.

, GÉLESTINE.

>. Voilà pourquoi M. Léonard a fait courir après son confrère de Paris.

DORVILÉ.

C'est trop clair.

MARGBUN.

Je suis anéanti.

814 LB8 ICiLRIONNBTTBSé

DBLOBIU»

Serait-il possible?

VALBBRG.

Et cette lettre est de l'écriture du testateur?

MARCELIN

Eh ! mon Dieu oui, elle n'en est que trop.

DBLORME.

Oui, c'est de son écriture. Rien n'est plus clair, Àh ! quel bonheur !

GEOROBTTB.

Qui? moi, légataire universelle!

DORVU^B»

Oui vraiment, Georgette.

DBLORMB.

Ce n'est plus Georgette, c'est mademoiselle Delorme, riche héritière, entendez-vous.

GASPARD

Allons, mon ami, passe ton crêpe et ta joie à mademoiselle et à son père.

DBLORMB.

Eh bien! monsieur Marcelin, vous voilà tout abattu.

MARCELIN

Moi? pas du tout; ne doit-on pas s'attendre... Mes principes ne se démentiront pas, et je quitte mon château, mon carrosse et mes gens... {en aoapirant) sans regret.

DBLORMB.

C'est fort bien fait. Quant à nous, qu'en dirons* nous, mon compère Dorvilé? et vous, madame de Saiat-Phar? et vous, mon grand monsieur si sensible? La voilà, cette petite ûlle que vous méprisiez tous ; mais il faut que je voie, que je m'informe, que je coure chez ce notaire : gare I que je passe. (// sort en heurtant Dorvilé et Valberg.)

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