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SCÈNE XIX SAINVILLE, MADAME DE MIRCOUR

MADAME DE MIRCOUR.

Ahl VOUS voilà, monsieur?

SAINVILLE

Oui, madame, c'est encore moi.

MADAME DE MIRCOUR.

Vous ne deviez plus revenir.

SAINVILLE

Ce n'est pas vous que je cherchais, madame. C'est monsieur votre oncle.

80ÂNB XIX. Ul

MADAMS DB MIRCOUB.

Ah! mon oncle?

SAINYILLB.

Oui, madame, votre oncle.

HADAMB DB MIRCOUB.

Je VOUS en remercie pour lui ; mais savez-Yous que ce que vous me dites n*est pas trop galant?

SAINVILLE

Comme il parait gue mes visites n'ont pas le bonheur de vous plaire... '

MADAM B DE MIRCOUB.

Fort bien. Vous me boudez?

SAIK VILLE.

J'aurais tort, peut-être?

MADAME DE MIRCOUR.

Non ; car je suis plus franche que vous, moi. Osez me dire que ce n'est pas pour moi que vous revenez, malgré vos serments.

SAINVILLE

Je reviens... £h bienl oui, madame, je reviens pour vous ; mais malgré moi, je vous en avertis.

MADAME DE MIRCOUR.

Et moi, je conviens c^ue j'ai été méchante, injuste. Écoutez, colonel ; il faut être indulgent pour ses amis. J'ai beaucoup de défauts; mais vous voyez au moins que je n'ai pas celui de l'obstination.

SAINVILLE, en lui baiêont la main»

Charmante! Et moi, n'ai-je pas été presque aussi enfant que vous, de m'emporter?

MADAME DE MIRCOUB.

Oh! il y avait sujet. Mais si je suis capricieuse, bizarre, inconséquente pour des bagatelles, je suis constante en amitié. Je brusque quelquefois mes amis; je reviens à eux. Avez-vous les couplets que vous m'apportiez ce matin ?

SAINVILLE

Hélas! non. Tremblant d'être aussi mal reçu...

MADAME DE MIRCOUR.

Envoyez-les donc chercher bien vite. Mais vous avez des affaires avec mon oncle, je vous laisse ; nous nous reverrons. Songez que j'attends vos couplets. Yiens, Marie, emporte cette cage ; il est

9ët LB8 RI0O0HIT8.

charmant, ce petit serin ; tu es nne bonne fille, et le colonel est un fort honnête homme.

(Slle sort avec Marie,) SÀIlfVILLB.

On n*est pas plus aimable que cette femme-là.

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