‹ Théatre choisiChapitre 326 sur 418 · LB TRA11SUR · texte numérisé non relu

LB TRA11SUR

Plalt-il?

£t il n'a pas de connaissances parmi les dames qui vont souper à l'allée des Veuves.

LB TRAITBUR.

Ehl parbleu 1 voici votre carte.

COMTOIS

Vous rêvez...

LE TRAITEOR.

Et votre adresse de la rue des Trois-Frères, écrite au bas, de votre main.

PHILIBERT aIné, prenant le billet que lui présente

le traiteur.

Mon adresse I

LB TRÀirBUR.

Nierez-vous votre écriture?

PHILIBBRT AÎN^.

Ah ! mon Dieu I c'est de la main de mon frère.

COMTOIS

Là 1 encore un de ses tours.

LE TRAITEUR

Eh bien I messieurs?

COMTOIS

Eh bien, mon cher ami, tâchez de trouver celui qui a écrit cette adresse. Ce n'est pas mon maître.

LE TRAITE13R

Là! encore un repas de perdu.

COMTOIS

Sachez qu'il y a deux Philibert; monsieur, qu'on appelle l'homme de mérite, et son frère, connu sous le nom du mauvais sujet.

. PHILIBERT aInB.

Tais-toi donc.

COMTOIS

Laissez donc, monsieur; il faut bien dire la vérité. Je ne m'étonne pas que le frère de monsieur ait été souper chez vous avec des amis et des dames. Dieu sait quelles dames! Je ne m'étonne pas qu'il ait donné notre adresse ; mais j'espère que monsieur se lassera de payer ses créanciers, et qu'il va commencer par vous.

LE TRAITEUR

Permettez; que monsieur cesse de payer les dettes de son frère, il fera fort bien; mais après

354 LBS DBUX PHILIBfiBT.

avoir acquitté le petit souper d*hier. G*est une bagatelle. Encore celle-là, monsieur. Vous êtes trop juste, trop bon frère... D'ailleurs, je ne connais que monsieur ; c'est l'adresse de monsieur qu'on a donnée à ma femme; monsieur se nomme Philibert. C'est donc monsieur que j'attaque, en lui laissant, bien entendu, son recours contre son frère.

Nous ne vous craignons pas» et nous ne vous paierons pas.

LE TRAITEUR

C'est ce qu'il faudra voir*

PHILIBERT aInÉ.

Allons, pour mon entrée dans mon nouveau logement, du bruit, un scandale. Finissons. C'est cinquante-trois francs qui vous sont dus.

COMTOIS

Eh quoil vous voudriez encore?...

pmLiBERT aIné.

Paix. En voilà cinquante-cinq.

COMTOIS

C'est bien dur. Payer un souper qu'on n'a pas mangé!

LE TRAITEUR

Monsieur laisse, sans doute, le reste pour les garçons?

PHILIBERT aInÉ.

Soit.

COMTOIS

Et les garçons encore!

LE TRAITEUR

Mille pardons, monsieur, de ma vivacité; mais fil y a tant de pertes dans notre état. Nous sommes des jeunes gens qui commençons.

Il suffit ; VOUS êtes payé.

LE TRAITEUR

C'est vrai; mais convenez que ma femme n'eu a pas moins fait une sottise, parce que n'ayant

Bas l'honneur de connaître monsieur votre frère... [on Dieu I qu'on est heureux de rencontrer de temps en temps des honnêtes gens comme monsieur! (Il son,)

ACTK I, eoftMB y. S59

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