‹ Théatre choisiChapitre 397 sur 418 · CHARLES, RIGAUDIN · texte numérisé non relu

CHARLES, RIGAUDIN

aiGAUOIN.

Eh bieni monsieur Charles, voas voilà donc daDs le pays? Comment se porte votre respectable mattre, M. le comte de Sénange? Aspire-t-il toujours à être député, magistrat ou ministre? Sa femme fait-elle toujours des livres en style romantique? Mais comme vous voilà brave et bien vêtu! Vive cette bonne ville de Paris pour les jolis garçons qui vous ressemblent.

CHARLES

Et vous, monsieur Rigaudin, vous frottez-vous toujours les mains de plaisir quand on se querelle? Vous grattez- vous toujours Toreille avec humeur, quand on est de bonne intelligence? M. JacquilJard est-il toujours avare, important, bourru et libertin?

niGAUDIN.

Toujours, toujours.

SOÂNS XI. 445

CHARLES

Toutefois je VOUS recommande d'avoir des égards pour ma petite Toinette.

RIGAUDIN

Oui, oui, je sais qu'elle est sous votre protection.

GHARLIS} te parlant à luUméme, Ah! quand donc pourrai-je faire fortune? A quoi montent mes raïuomies? à cinquante louis tout au plus : et pourc[Qoi ne les risquerais-je pas dans quelque spéculation?

tUAAUDIN.

Vous parlez de spéculation; ehl eh! si vous étiez venu plus tôt dans le pajs... Voyez-vous cette jolie maison?

CHARLES

Je la connais, c'est celle de M. de la Giraudière.

RIGAUDIN

Eh bien ! M. de la Giraudièce Ta mise en loterie.

CHARLES

En loterie!

RIGAUDIN

Et c'est aujourd'hui le tirage définitif.

CHARLES

Ah! morbleu! s'il était encore temps, si je la gagnais... J'ai un pressentiment qu'aujourd'hui je dois réussir.

RIGAUDIN

Oui ; mais pour gagner à la loterie, il faut y avoir mis; or, il n'y a plus de billets.

CHARLES

Plus de billets?

RIGAUDIN

Il y a eu un fier mouvement de commerce dans le pays sur ces billets ; le premier prix était d cinq francs ; eh bien !

Air : On ne rit plus, on ne boit guère»

Babet Delorme a la première Vendu le sien soixante francs ; Madame Ledru, répicière.

En a payé deux, trois cents francs.

Vous savez la prude Angélique, Qui si longtemps Rebuta les amants,

$■ 'tr

446 LA MAISON .8N LOTERIB.

Sans raisonner,

Sans tâtonner, D*un seul billet, dans Tespoir de gagner, Elle a donné, dit la chronique, Tout ce qu*elle pouvait donner.

Et la meunière, qui, dilnoii, a cédé les siens à perte, à son garde-moulin.

GHABliBS.

Et il n'en reste plus è «endre?

RIGA OlUN .

Non; il n*y a que votre petite. Toinette...

CHARLES

Toinette en a un?

RIGAUDIN

Oui , qiie sa marraine lui a donné, à ce qu'elle dit. Voudriez-vous le lui acheter?...

CHARLES

Non, non, qu'elle le garde, et puisse-t-elle gagner I chère Toinette I . .

RIGAUniN.

J'espère bien aussi gagner. Nous en avons tous; M. Jacquillard, mademoiselle Yerneuil.

CHARLES

J'oubliais que j'ai quelques emplettes à faire dans le magasin de mademoiselle Yerneuil... Oui... votre serviteur, monsieur Rigaudin, j'entre chez elle. {Il entre chez madanoùelh Vemeuil,)

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