‹ Théatre choisiChapitre 9 sur 418 · ZVI VIS DB PICARD · texte numérisé non relu

ZVI VIS DB PICARD

paayre parti, qui Jamais ne réussit à rien , que personne ne eraint, et qai n'est atlle à personne... Cependant sa pièce a réussi. Le fond en est très graye. Picard a mis le doigt dans notre plaie. » Le succès fut grand, en effet, à ce point même qu*il fallut supprimer les musiciens et mettre le public dans Torchestre. C'était la première fois peut-être.

Quelques chutes ou demi-chutes suivirent. Le 1 0 janvier 1802 , il y eut tapage aux cinq actes de la Grande Ville. Les Parisiens qui s'étaient si bien amusés de la Petite ne Toulaient pas qu'on osftt s'attaquer à la Grande, Picard supprima un acte, mais la pièce n'y gagna rien. Le 15 octobre, le Mari ambitieiuc a?ec ses cinq actes en ▼ers, forme presque toujours fatale à Picard , se tratna péniblement; et le 25 novembre, la Saint-Jean ou les Plaisants, en trois actes, fut sifQée à outrance. C'était un triple avertissement pour Picard. La critique lui avait dit souvent qu'il y avait chez lui excès de production, qu'il travaillait trop vite ; le public le lui conQrmait. Pendant près d'un an il ne donna rien.

Ce n'est que le 19 septembre de l'année suivante, 1803» qu'il se hasarda à reparaître. Le succès fit comme lui. Trente fois de suite, — résultat alors assez rare — on fit fêle à sa nouvelle comédie du Vieux Comédien. Le 23 novembre. Monsieur Musard fut encore plus acclamé : (c Picard, dit Geoffroy, est bien ingrat de se moquer des musards; ce sont pour lui des gens très nécessaires. » Il ne les eut pas pour uniques spectateurs ; tout Paris courut à sa pièce.

En 1804, le 9 juillet, le sort de son théâtre changea. L'Empire était fait, et il fallait, coûte que coûte, se laisser honorer par lui« La troupe de Louvois devint celle des Comédiens de f impératrice^ et l'on ajouta à cet honneur, dont sans nul doute Picard se fût bien passé , la condition, qu'une compagnie d'opéra buffa, récemment arrivée d'Italie, aurait sur la salie un droit presque égal à celui des comédiens : elle y jouerait trois fois par semaine. Picard qui devait diriger les deux troupes, la co* mique et la bouffonne, se soamit, mais non sans en avoir un certain ennui. On le trouva pendant quelque temps d'une gaieté moins ouverte : c Tu me demandes, écrivait-il à son ami Ghazel qui en paraissait surpris, pourquoi je ne suis plus gai, que veux-tu? J'étais comique, on veut me rendre bouffon, et cela me rend sérieux, s

Un autre ennui de ces nouveaux honneurs, c'est qu'il

Page 1