‹ Théâtre choisi;Chapitre 105 sur 150 · CLAUDINE, LUBIN · texte numérisé non relu

CLAUDINE, LUBIN

CLAUDINE

Oui, j’ai bien deviné qu’il fallait que cela vînt de toi, et que tu l’eusse dit à quelqu’un qui l’ait rapporté à notre maître.

LUBIN

Par ma foi, je n’en ai touché qu’un petit mot, en passant, à un homme, afin qu’il ne dît point qu’il m’avait vu sortir; et il faut que les gens, en ce pays-ci, soient de grands babillards.

CLAUDINE

Vraiment, ce monsieur le vicomte a bien choisi son monde, que de te prendre pour son ambassadeur ; il s’est allé servir là d’un homme bien chanceux !

LUBIN

Va, une autre fois, je serai plus fin, et je prendrai mieux garde à moi,

CLAUDINE

Oui, oui, il sera temps.

LUBIN

Ne parlons plus de cela. Écoute.

Que veux-tu que j’écoute?

LUBIN

Tourne un peu ton visage devers moi.

GEORGE DANDIN

CLAUDINE

Eh bien ! qu’est-ce?

LUBIN

Claudine 1

CLAUDINE

Quoi?

LUBIN

Hé? là, ne sais-tu pas bien ce que je veux dire?

CLAUDINE

Non.

LUBIN

Morgué ! je t’aime.

Tout de bon?

LUBIN

Oui, le diable m’emporte ! Tu peux me croire, puisque j’en jure.

CLAUDINE

A la bonne heure.

LUBIN

Je me sens tout tribouiller le cœur quand je te regarde.

CLAUDINE

Je m’en réjouis.

LUBIN

Comment est-ce que tu fais pour être si jolie?

CLAUDINE

Je fais comme font les autres.

LUBIN

Vois-tu, il ne faut point tant de beurre pour faire un quarteron : si tu veux, tu seras ma femme, je serai ton mari; et nous serons tous deux mari et femme.

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