‹ Théâtre choisi;Chapitre 116 sur 150 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

GEORGE DANDIN, seuL

Je n’ai pu me servir, avec cet innocent, de la pensée que j’avais. Mais le nouvel avis qui lui est échappé ferait la même chose ; et, si le galant est chez moi, ce serait pour avoir raison aux yeux du père et de la mère, et les convaincre pleinement de l’effronterie de leur fille. Le mal de tout ceci, c’est que je ne sais comment faire pour profiter d’un tel avis. Si je rentre chez moi, je ferai évader le drôle; et, quelque chose que je puisse voir moi-même de mon déshonneur, je n’en serai point cru à mon serment, et l’on me dira que je rêve. Si, d’autre part, je vais quérir beau-père et belle-mère sans être sûr de trouver chez moi le galant, ce sera la même chose, et je retomberai dans l’inconvénient de tantôt. Pourrais-je point m’éclaircir doucement s’il y est encore ? {Après avoir regardé par le trou de la serrure.) Ah! ciel! il n’en faut plus douter, et je viens de l’apercevoir par le trou de la porte. Le sort me donne ici de quoi confondre ma partie; et. pour achever l’aventure, il fait venir à point nommé les juges dont j’avais besoin.

GEORGE DANDIN

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