SCÈNE IX
M. de SOTENYILLE, Madame de SOTEN¬ VILLE, GEORGE DANDIN
GEORGE DANDIN
Enfin, vous ne m’avez pas voulu croire tantôt, et votre fille l’a emporté sur moi ; mais j’ai en main de quoi vous faire voir comme elle m’accommode; et, Dieu merci, mon déshonneur est si clair maintenant que vous n’en pourrez plus douter.
Comment ! mon gendre, vous en êtes encore là-dessus?
GEORGE DANDIN
Oui, j’y suis; et jamais je n’eus tant de sujet d’y être.
MADAME DE SOTENVILLE
Vous nous venez encore étourdir la tête ?
GEORGE DANDIN
Oui, madame; et l’on fait bien pis à la mienne.
M. DE SOTENVILLE
Ne vous lassez-vous point de vous rendre importun?
GEORGE DANDIN
Non; mais je me lasse fort d’être pris pour dupe.
MADAME DE SOTENVILLE
Ne voulez-vous point vous défaire de vos pensées extravagantes?
GEORGE DANDIN
Non, madame; mais je voudrais bien me défaire d’une femme qui me déshonore.
MADAME DE SOTENVILLE
Jour de Dieu S notre gendre, apprenez à parler.