ACTE III, SCÈNE XIV
M. DE SOTENVILLE
Il le faut, ma fille, et c’est moi qui vous le commande.
ANGÉLIQUE
Ce mot me ferme la bouche, et vous avez sur moi une puissance absolue.
CLAUDINE
Quelle douceur!
ANGÉLIQUE
Il est fâcheux d’être contraint d’oublier de telles injures ; mais, quelque violence que je me fasse, c’est à moi de vous obéir.
CLAUDINE
Pauvre mouton.
m. de sotenville, à Angélique .
Approchez.
angélique
Tout ce que vous me faites faire ne servira de rien; et vous verrez que ce sera dès demain à recommencer.
M. DE SOTENVILLE
Nous y donnerons ordre. (A George Dandin .} Allons, mettez-vous à genoux.
A genoux ?
M. DE SOTENVILLE
Oui, à genoux, et sans tarder.
george dandin, à genoux , une chandelle à la main.
C A part.) O ciel! (d M. de Sotenville.) Que faut-il dire?
M, DE SOTENVILLE
Madame, je vous prie de me pardonner... george dandin
Madame, je vous prie de me pardonner...
M. DE SOTENVILLE
L’extravagance que j’ai faite...
GEORGE DANDIN
GEORGE DANDIN
L’extravagance que j’ai faite... {A part.) de vous épouser.
M. DE SOTENVILLE
Et je vous promets de mieux vivre à l’avenir.
GEORGE DANDIN
Et je vous promets de mieux vivre à l’avenir.
m. de sotenville, à George Dandin.
Prenez-y garde; et sachez que c’est ici la dernière de vos impertinences que nous souffrirons.
MADAME DE SOTENVILLE
Jour de Dieu! si vous y retournez, on vous apprendra le respect que vous devez à votre femme, et à ceux de qui elle sort.
M. DE SOTENVILLE
Voilà le jour qui va paraître. Adieu. {A George Dandin.) Rentrez chez vous, et songez bien à être sage. (. A madame de Sotenville.) Et nous, m’amour, allons nous mettre au lit.