‹ Théâtre choisi;Chapitre 30 sur 150 · HARPAGON, FROSINE · texte numérisé non relu

HARPAGON, FROSINE

HARPAGON, bas.

Tout va comme il faut. [Haut.) Eh bien, qu’est-ce, Frosine?

FROSINE

Ah! mon Dieu! que vous vous portez

l’avare

bien, et que vous avez là un vrai visage de santé !

HARPAGON

Qui? moi?

FROSINE

Jamais je ne vous vis un teint si frais et si gaillard.

HARPAGON

Tout de bon?

FROSINE

Comment ! vous n’avez de votre vie été si jeune que vous êtes, et je vois des gens de vingt-cinq ans qui sont plus vieux que vous.

HARPAGON

Cependant, Frosine, j’en ai soixante bien comptés.

FROSINE

Eh bien! qu’est-ce que cela? soixante ans! voilà bien de quoi ! C’est la fleur de l’âge, cela ; et vous entrez maintenant dans la belle saison de l’homme.

HARPAGON

Il est vrai ; mais vingt années de moins pourtant ne me feraient point de mal, que je crois.

FROSINE

Vous moquez-vous? Vous n’avez pas besoin de cela, et vous êtes d’une pâte à vivre jusques à cent ans.

Tu le crois?

FROSINE

Assurément. Vous en avez toutes les marques. Tenez-vous un peu. Oh! que voilàbien, entre vos deux yeux, un signe de longue vie!

HARPAGON

Tu te connais à cela?

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