SCÈNE V
JULIE, NÉRLNE.
NÉRINE
Eh bien, mademoiselle?
JULIE
Eh bien, Nérine?
NÉRINE
Serez-vous sage à la fin ?
JULIE
Si je l'étais moins, je suivrais tes conseils \ Quoi! Tu veux que j'épouse un jeune étourdi, tout rempli de lui-môme, amoureux par caprice, inconstant par habitude, débauché par tempérament? Un fou rempli d'imperfections et de vices, et qui, bien loin de faire ses efforts pour les cacher, a la sotte vanité de s'en glorifier, et de vouloir môme qu'on les croie plus grands qu'ils ne sont?
NÉRINE
Ce sont pourtant ces hommes-là qui font tourner la tôte à la plupart des femmes.
JULIE
Ah, Léandre ! Est-il donc possible que vous m'abandonniez ! C'est vous qui avez causé ma première passion ; elle est plus forte que jamais, malgré votre absence ; et vous me mettez dans la nécessité d'y renoncer.
NÉRINE
Comment I Vous donnez aussi dans le Phœbus? Eh ! mort de ma vie ! laissez là votre Léandre l II est mort ou infidèle. Mais, que vois-je ?
Destoucues. 6
9 8 l'obstacle imprévu.
JULIE
Qu*as-tu donc ?
NÉRINE
Madame, c'est Grispin !
JULIE
Le valet de Léandre ?
NÉRINE
Justement. Soutenez-moi... je n'en puis plus.
JULIE
0 ciel! Je ne sais si je dois m'affliger ou me réjouir.